Lilly Wood and the Prick, de Benjamin Lemaire : la salle de concert sur un écran de cinéma

Le 21 mars 2013, je faisais partie de la dizaine de cadreurs chargés de filmer le concert de Lilly Wood and the Prick au Trianon. Benjamin Lemaire avait vu les choses en grand : 34 caméras, montage en différé et donc un peu plus de 50 heures de rushes à synchroniser et à monter en quelques semaines. Le tout  pour une diffusion exclusive le 24 juin à 20H dans une cinquantaine de salles de Cinéma.

Je ne connaissais pas le groupe, j’ai écouté des morceaux la veille sur Deezer pour préparer, je trouvais ça agréable, riche mais un peu répétitif. Je les ai véritablement découverts ce soir-là au Trianon puis quelques semaines plus tard à Cannes pendant le festival : le groupe donnait un showcase sur la Terrazza Martini où l’équipe Cinematraque avait ses habitudes pendant le festival.

terrazza

Pour la captation du concert au Trianon, on avait les mains assez libres. Chacun avait un emplacement  et pouvait filmer ce que bon lui semblait : une liberté qui peut faire peur quand on a un tel niveau de pression, mais ça m’a plutôt libéré. Même si des moyens considérables ont été déployés sur cette captation, il eut été trop onéreux d’avoir des oreillettes et un retour vidéo pour le réalisateur.  J’ai souvenir d’un grand plaisir de tournage. Tout le monde était content d’être là, de participer à cette expérience. Je ne suis pas sûr que ce soit le cas pour tout les cameramen qui bossent sur une soirée des Victoires de la musique.

Benjamin Lemaire photographie et filme la musique depuis des nombreuses années, il vous en parle ici.

Il voulait cette fois faire du Lemaire avec des moyens, et être diffusé sur grand écran « volonté de placer trente caméras dans le Trianon, de faire des effets de zoom, de tremblements, d’ajouter du bruit à l’image, des flous… L’exact opposé des images lisses de la télévision. » 

J’ai vu le film en projection de presse. Benjamin était à coté de moi, donc je n’ai pas pu m’adonner à mon péché mignon de projection – la sieste -. Tant mieux.

Je n’avais jamais vu un concert aussi bien filmé. Aucun split screen, pas de fondus-enchainés à la Pullicino, aucun commentaire, pas de synthés avec les titres des chansons, très peu d’images en coulisses, uniquement pendant le rappel, des noirs quasiment entre chaque chanson (comme dans un live), du flou, du grain, de la vibration : un vrai concert, mais sur un écran de cinéma.

L’autre défi c’était de retranscrire la dimension du temps dans un concert. Aussi voit-on parfaitement la montée en puissance de l’ambiance et la transpiration et l’excitation sur le corps des musiciens.

Ce n’est peut-être pas du cinéma, mais ce n’est certainement pas non plus de la TV.

Une place de concert coute cher, très cher. Rarement moins de 30 euros, montrer des concert dans des salles de cinéma, UGC le fait avec l’opera. Permet de bénéficier d’une qualité d’écoute largement supèrieure à celle de votre salon. De plus la captation de spectacle si elle est très formatée en télévision l’est moins au cinéma.

A l’heure ou la musique comme le cinéma est en crise, il peut être bon de montrer des concerts dans des salles de ciné ou des films dans des salles de concert. De mélanger les publics et les audiences. Ce film ne changera pas l’histoire du cinéma, mais il peut amorcer un réel changement dans la distribution de la musique.

Laissez un commentaire : Cinématraque offre deux places pour Lily Wood and The Prick à un lecteur tiré au sort !

20 thoughts on “Lilly Wood and the Prick, de Benjamin Lemaire : la salle de concert sur un écran de cinéma

  1. Voila c’est fini c’est Béné qui a gagné. Mais allez y quand même et revenir nous dire demain comment vous avez trouvé ça.

    Jeremy

  2. Du bon folk, un look sympa et des chansons qui font du bien à notre iPod. Je suis vraiment triste de les avoir raté à l’olympia la semaine dernière.

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