Après la nuit, de Basil Da Cunha – Quinzaine des Réalisateurs

A 27 ans, Basil Da Cunha est déjà un habitué de la Quinzaine, qui avait primé ses deux premiers courts-métrages. Bel exemple d’accompagnement de jeunes talents dans leur accession au long, la Quinzaine a sélectionné le premier long-métrage du jeune réalisateur suisse, Après la nuit.

De fait, les déambulations nocturnes de Sombra, dealer mutique au regard de poète, dans le bidonville créole de Lisbonne, font la preuve de l’impeccable maîtrise formelle d’un cinéaste formé à la Haute École d’Art et de Design de Genève. Dans ses plus beaux moments, la caméra trace Sombra de toit en toit dans ce lieu banni, une ville-prison qui se referme comme un piège sur ses habitants, conjuguant plans fixes et fluidité, fidèle en cela au corps lent et pourtant incroyablement mobile de cet apôtre de la nuit. Mais de ces parcours urbains dans ce monde oublié, il faut se saisir pour raconter une histoire, celle d’un type qui refuse de se cantonner à la vie diurne et qui se trouve mêlé à une histoire de deal qui tourne mal. Alors, la distance entre l’élégance de la réalisation et la maladresse de la conduite du récit se fait criante. Le peu de tension narrative des scènes, l’épaisseur des transitions et l’inadéquation des dialogues avec l’évolution psychologique des personnages induite par les images font concourir fond et forme, mais dans deux directions opposées. Entre un beau documentaire expérimental et une histoire de trafic de drogue qui ne traite pas son sujet, il aurait fallu choisir. Donner la parole à ceux qui ne l’ont pas ne suffira jamais pour faire un film. Encore faut-il trouver sa propre voix.

Après la nuit (Até ver a luz) de Basil Da Cunha, avec Pedro Ferreira, Joao Veiga, Nelson da Cruz Duarte Rodrigues, Paulo Ribeiro, Suisse, 1h15.

Après une grande période d’addiction à son corps défendant à toutes les séries des années 90 et 2000, elle décide d’aborder les années 2010 avec discernement. Malheureusement arriva « Game of thrones ». Co-responsable du pôle séries de Cinématraque, elle essaie sans grand succès d’obliger les rédacteurs à réévaluer « Battlestar Galactica » et attend avec impatience LE grand article sur « The Shield ». Pas le choix, il va falloir s’y coller…

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