Blue Ruin, de Jeremy Saulnier – Quinzaine des réalisateurs

Blue Ruin est la première vraie déception du festival. Vendu par Waintrop comme un retour aux séries B des années 50, le film de Jeremy Saulnier est en réalité du cinéma pour hipsters. Un cinéma qui revendique un attachement à une époque révolue, mais dans lequel la nostalgie est entachée par le cynisme d’aujourd’hui. Un cinéma bien propre sur lui, même quand il s’agit de faire exploser des cervelles. Savoir que Jeremy Saulnier est à l’origine un chef opérateur (Putty Hill) n’étonne guère tellement l’image ici est léchée, avec ce qu’il faut de couleurs pastel pour inscrire un peu plus son film dans une ambiance lounge.

On peut ainsi se poser des questions quant à la transformation de son personnage principal. Ce SDF aux goûts de luxe (il ne se lave que dans les baignoires du voisinage) se verra transformer progressivement en gendre aussi idéal que Dustin Hoffman dans Les Chiens de Paille. La progression du récit se fait sans vraiment d’accroc majeur, qu’il soit vagabond ou bien sous tout rapport: il reste clean. Un film de péteux, sans accident, qui en réalité n’a rien à dire. La fin du film, à cet égard, est très parlante puisqu’elle ne mène nulle part. Les clefs sont peut-être sur la bagnole, mais pas dans les mains du spectateur. C’est un film trop propre sur lui pour éveiller un véritable intérêt.

Blue Ruin, de Jeremy Saulnier, avec Eve Plum, Amy Hargreaves, David W. Thompson, Etats-Unis, 1h30.

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