The Bling Ring de Sofia Coppola – Un Certain Regard

Nos notes

Pour donner suite à sa filmographie que l’on adore ou déteste, dont le dernier film, Somewhere, était également sans doute le plus clivant, Sofia Coppola s’attaque à un fait divers qui, sur le papier, semble parfaitement correspondre à sa ligne de conduite.

Ainsi, une bande de djeunes américains s’introduit en scred dans des maisons de stars pour y piquer des fringues, des bijoux, et un soupçon de « grande vie ». Parmi eux, Emma Watson, bien déterminée à casser sa petite image gentillette d’Hermione et son balai magique (dans le cul).

A Sofia Coppola beaucoup se sont attaqués, souvent avec ardeur, notamment sur le néant qu’elle filme. C’est pourtant là, du rien, que d’ordinaire elle parvient, en faisant durer ses plans, en filmant les moments dont personne ne veut, à créer la grâce, et à engendrer les frissons.

Ici, si l’esthétique de ses précédents films reste prégnante – image façon Super 8 pixellisée, peaux  doucereuses, évanescence, quasi-impressionnisme -, elle s’efface peu à peu pour se durcir dans les tons, s’accommodant avec un montage plus tonique qu’à l’accoutumée, presque clipesque.

Coppola filme ces jeunes sans leur donner la moindre dimension, restant cantonnée aux simples faits, contemplatrice à la fois envieuse et incapable de prendre position. Ce dont elle se soucie, c’est de reconstituer les faits de façon le plus esthétique possible. Ainsi, on passe la majeure partie du film à essayer des fringues avec les protagonistes, ce qui peut vite lasser, voire agacer dans la complaisance, l’absence de moralité (ou d’immoralité d’ailleurs), l’absence de parti-pris.

Des poupées, ces jeunes évoquent des joujoux que la réalisatrice balade de belles en grandes maisons, sans trop savoir qu’en faire. Ce qu’il y a d’étonnant dans The Bling Ring, c’est le tournant dans la filmographie de Sofia Coppola, qui s’était jusqu’ici attardée à filmer des relations pas banales : celles de sœurs suicidaires, puis de deux insomniaques à Tokyo, d’une reine et d’un roi trop jeunes et d’un père superstar et sa fille. Dans The Bling Ring, jamais on ne s’attarde sur les coups de foudre, sur l’amitié. Les personnages sont toujours filmés en bande, et ne se parlent que de fringues. Chacun peine à avoir sa petite personnalité, se cantonnant à un degré d’acceptation de la situation, à un niveau de suiveur.

Vient sauver ce mini-naufrage la bande originale, toujours au top, où Kanye West tient une place importante, redonnant le temps de quelques accords dispensés çà et là les frissons attendus du fan quelque peu dérouté, assez chamboulé, franchement déçu, ayant finalement l’impression d’avoir subi une sorte de Spring Breakers prude.

The Bling Ring, de Sofia Coppola avec Emma Watson, Etats-Unis, 1h30.

Verdict ?

(Dzibz n’étant pas mon vrai prénom)
Red’chef ici, extrêmement sévère avec les autres, mais pas du tout avec moi, hashtag YOLO.

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