Mamá, beau film de terreur

Question : Qu’y a-t-il de pire qu’un film d’horreur qui fait même pas peur ?

Réponse : Un film d’horreur qui fait peur.

Mamá est de ceux-ci.

Le cinéma, c’est toute ma vie. Tellement même que des fois, dans la rue, sans raison, j’en viens à crier à tue-tête « CINÉMA ! ». Les gens réagissent souvent plutôt bien, même s’il m’arrive d’apeurer les enfants, qui se mettent à pleurer.

Alors quand il m’arrive d’entrer dans un « CINÉMA ! », c’est dans un autre monde, que je rentre, celui du film qui m’est proposé. Devant Amélie Poulain, j’ai eu envie de faire le bien, devant Turf j’ai eu envie d’acheter un cheval, devant Super Size Me, j’ai eu envie de manger chez Mc Do, devant Amour, j’ai eu envie de faire une bataille de polochons et devant Spring Breakers, j’ai eu envie. Devant Mamá, je n’ai pas eu d’envie spéciale, en y repensant. Je dois donc creuser.

Pitch :

Un papa plein de sang, dont on pourrait supposer qu’il vient de buter son aimée vient, en panique, chercher ses deux mignonnes petites filles dans leur chambre pour les emmener « faire un tour ». Manque de bol, le mec n’allume pas sa télé, et n’a pas l’info qui tue : il y a une alerte Météo States (ça s’appelle comme ça, là-bas ?) au verglas. Alors, pas chaînée, évidemment, sa voiture tient moyen la route. Les gamines gueulent assez pour énerver leur père un peu plus qui, l’idiot, met un brusque coup de volant. Bim badaboum, les trois zozos se retrouvent dans la forêt enneigée, bien dans la merde. Une maison, une présence, un papa qui souhaite abréger les souffrances de ses gamines, la présence qui l’en empêche, puis une ellipse :

« CINQ ANS PLUS TARD »

Et là c’est la merde. On ne devrait jamais être « cinq ans plus tard », parce que moi j’ai remarqué, ça finit toujours mal, les « cinq ans plus tard ». « Vingt ans » ça va, généralement, c’est une famille qui a traversé une crise et qui depuis s’est installée dans un bled paumé et vit d’amour, d’eau fraîche, et de poissons pêchés dans le ruisseau d’à côté, SANS TOUTEFOIS OUBLIER LE PASSÉ.

Cinq ans plus tard, donc, les gamines sont retrouvées, l’oncle et la tante les adoptent, et « Mamá », la « présence », veut les « récupérer ». Lorsque je mets des guillemets dans la phrase précédente, c’est parce qu’en la relisant, je ne peux m’empêcher de les faire avec les doigts. Ne m’en tenez pas rigueur.

Mamá est moyen belle, elle ne m’a pas donné d’envie spéciale, donc.

Jessica Chastain, la tante, est moche comme jamais : idem, donc.

Ensuite, le film fait peur.

Je n’ai toujours pas trouvé de technique pour m’extraire du film totalement, mais j’en ai testé quelques unes. Il faut dire que Mamá, je l’ai vu bien accompagné, et que ça m’eût emmerdé d’y montrer que j’avais peur, voire que je me cachais les yeux.

Alors j’ai avisé, et réalisé cet excellent exercice consistant à se focaliser sur un coin de l’écran, le voir sans le regarder. Alors je pourrais vous faire une critique assez pointue sur le coin en haut à gauche de l’écran dans le film Mamá, mais je ne suis pas certain que ça intéresserait tout le monde.

Seulement Mamá, elle est partout, la salope, même au coin en haut à gauche, elle apparaît tout le temps là où l’on ne l’attend pas, et c’est pas cool. Je suis l’otage d’un train fantôme, et j’adore ça.

Le message du film m’échappe. Car si la fin du film (que je ne spoilerai pas (sauf si tu mets de mauvais commentaires sous l’article (cf Jappeloup) laisse à penser que c’est un film sur le deuil, j’ai longtemps cru quand même que c’était un film sur la sécurité routière. Oui, parce que s’il avait mis de chaînes, ça ne serait pas arrivé…

Après, je me suis dit que c’était une réflexion idiote.

Après, je me suis dit : « pourquoi pas l’écrire sur Cinématraque, alors ?! »

En regardant Mamá, donc, ce dont j’ai eu envie, c’est d’écrire sur Cinématraque.

Dont acte.

« CINEMA ! »

Mamá, d’Andres Muschietti, avec Jessica Chastain. Sortie le 15 mai 2013.

(Dzibz n’étant pas mon vrai prénom)
Red’chef ici, extrêmement sévère avec les autres, mais pas du tout avec moi, hashtag YOLO.

6 Comments

  • […] Muschietti, pourtant plutôt à l’aise dans le domaine (il était déjà aux manettes du réussi Mama chapeauté par Guillermo del Toro), mise trop souvent sur le sounddesign pour annoncer les moments […]

  • […] a également profité de ce temps libre pour prendre en main diverses séries B (Splice, Mamá), qui lui ont permis de se diversifier. Enfin, si la vision de Prometheus l’a poussé à […]

  • Je suis le seul az avoir trouvé la fin terriblement pourrie ? J’ai beaucoup aimé le film, j’ai eu bien peur comme il faut, mais cette fin m’a tout gâché.

    • Répondre juin 27, 2013

      DZIBZ

      Non, je suis pas tout à fait d’accord. Elle est onirique et détonne du reste, alors surprend, alors je prends. Néanmoins, je suis d’accord avec toi, on est à la limite du ridicule. A mon sens on n’y tombe pas, mais je peux très bien comprendre ton avis.

  • Répondre mai 22, 2013

    Benjamin Untereiner

    Bon, un peu déçu par le film qui emprunte de trop nombreuses facilités: un personnage qui n’a pas envie d’enfants? C’est une punk bien sûr! Pour faire peur? On fait apparaître le fantôme dans un coin du cadre avec une grosse musique bien sûr! Les ajouts narratifs comme le tonton qui se lance sur la piste de son frangin suite à un rêve? On va quand même pas se prendre la tête à le développer!
    Bref je suis un peu critique mais tout ça c’est parce que j’ai même pas eu peur et que je suis un rabat-joie.

    • Répondre mai 22, 2013

      Carine

      qu’elle n’est pas envie d’enfants pourquoi pas… mais que ce soit dit, redit, souligné, crié, je pense qu’on avait compris dès la 1ere fois

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