[Ciné-club 2] Louise Wimmer, un film humble et beau

Mardi dernier se tenait la deuxième édition du ciné-club de Cinématraque. Nous projetions pour l’occasion « Louise Wimmer », le premier long métrage de Cyril Mennegun, et recevions son producteur Bruno Nahon, qui nous fit l’amabilité de répondre aux questions du public.

Chaque mois, à l’occasion du ciné-club, nous proposons à un spectateur de se faire critique d’un jour. Un grand merci, ce mois-ci, à Manon Jollivet, qui nous livre son sentiment sur le film.

C’est l’histoire d’une femme qui vit dans sa voiture. Résumé comme cela, Louise Wimmer pourrait sembler ennuyeux et factuel. Mais le personnage éponyme transcende sa situation par son énergie. Cyril Mennegun, le réalisateur, nous offre un premier film tout en subtilités, où le personnage principal est directement attachant. Cyril Mennegun est issu du documentaire. Louise Wimmer reflète ce talent à évoquer toutes les facettes d’un sujet ou d’un personnage en attisant constamment la curiosité du spectateur.

Dès les premières séquences du film, on découvre la beauté et l’intimité d’un personnage qui va révéler une femme brutale mais sensuelle, insaisissable mais aimante, joueuse mais sur la défensive, sans naïveté, insoumise, et marquée par une dureté liée à un passé que l’on sent éprouvant.

On y suit les démarches, les humeurs, les relations, et surtout les revendications d’indépendance d’une femme digne des personnages des films de Cassavetes. L’actrice principale Corinne Masiero possède le charisme d’une Gena Rowlands. Ce sont des femmes dégageant une aura, une force de caractère, une liberté, qui attirent. Des femmes qui n’ont besoin de personne, ce que déclare ouvertement Louise Wimmer aux hommes qui pourraient s’attacher à elle.

Elle est d’ailleurs agacée par Sinnerman de Nina Simone, et lorsqu’elle danse sur cette musique, elle est la plus belle femme du monde, mais elle jette l’autoradio. En revanche, elle n’est que sourires lorsqu’elle écoute, ayant atteint sa quête à la fin du film, The Days Of Pearly Spencer, de David Mc Williams, car elle aussi se sort, à force de volonté, d’une situation impossible.

On a l’impression, en regardant ce film, d’assister à un miracle humain. Louise Wimmer tient bon, elle a recourt à toutes sortes de ruses pour se nourrir, se laver, voler de l’essence. Elle reste entière, concrète, vivante ; elle reste elle.

On se pose la question : sans logement, dans l’angoisse perpétuelle d’un quotidien infernal, comment ferions-nous? Ne serions-nous pas amenés à sombrer? Mais il est hors de question pour Louise de se laisser aller, il en va de sa dignité. Elle supporte que sa fille se tienne à distance, elle s’entoure de quelques alliés imparfaits. Elle vit, elle fait l’amour.

Le film, du début à la fin, nous séduit, nous envoûte, nous parle, nous porte. Tout comme l’actrice. Louise Wimmer est un film humble et rempli de détails justes et beaux.

Manon Jollivet.

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