Comment gagner un Oscar ?

J’ai dans la tête, depuis gamin, cette épique image de moi soulevant le Graal, succombant aux rituelles larmes. Remercier ma maman, mon papa, les Fiches du Cinéma et surtout Patrick Timsit, sans qui je n’aurais jamais eu cette idée de me dire que le cinéma, tout le monde est capable d’en faire au moins un peu. Pour gagner un Oscar, il convient d’être méthodique.
De rêve en rêve, année après année, la situation se clarifiait, et il apparaissait flagrant qu’un Oscar ne se gagnait pas seulement en faisant un bon film, chose qui m’arrangeait finalement plutôt, non pas que je sois une buse de réalisateur, plutôt que quand les gens bougent trop j’ai du mal à les filmer. Vous me direz, MAIWENN, ÇA LA DÉRANGE PAS TROP.

L’obtention d’un Oscar de meilleur réalisateur, révélé-je à l’aide de pas mal d’algorithmes que je ne vous exposerai pas ici par souci pédagogique, ça se facilite.
D’abord, il faut bien choisir son sujet de film. Ce qui plaît, ce sont les biopics, ou les épiques films d’époque. Ça demande un sacré boulot de documentation, mais on peut facilement éviter les flagrants anachronismes en faisant appel à des stagiaires étudiants de facs d’histoire, par exemple. L’avantage, c’est qu’on peut aussi, une fois qu’on leur a signé la putain de convention de stage, leur demander de nous faire des cafés. Et nul doute qu’en leur promettant la célèbre statuette, ceux-ci seront motivés : « j’ai bien mis vos deux sucres, cette fois, Monsieur ».
Il conviendra ensuite de casser votre tirelire – dans la vie il faut savoir ce que l’on veut – afin de dénicher l’acteur star qui pourra exceller dans un rôle « performance » qu’il endossera « avec maestria », diront les journaux. Prévoyez ensuite un sacré budget maquillage, vous tenez votre premier rôle. Quelques exemples de personnages qu’il pourra interpréter :

– le biopic de quelqu’un qui a vécu une grande vie et qui aujourd’hui a des statues de lui dans la rue ;

– l’histoire d’un homme au XVIIe siècle qui cherche à donner un sens à sa vie ;

– l’histoire d’un mec qui est muet, sourd, noir et humaniste.

Pour être sûr de remporter votre Oscar, vous vous devez d’adjoindre à ce premier rôle un personnage féminin qui pleure beaucoup, interprété par Meryl Streep. Et ce point est non négociable.

Ajoutez quelques messages plus ou moins pernicieux sur la beauté du monde, l’héroïsme de tout un chacun et/ou la puissance des Etats-Unis, saupoudrez d’une musique avec plein de clairons pour illustrer des scènes où des gens importants (qui ont des statues d’eux dans la rue) prennent la parole, et distillez çà et là quelques ellipses narratives pour faire de votre film une « véritable épopée » : ça y est, vous y êtes.

Attendez que l’on appelle votre nom, montez sur scène, et pleurez, pleurez. Comme dans mes rêves.

(Dzibz n’étant pas mon vrai prénom)
Red’chef ici, extrêmement sévère avec les autres, mais pas du tout avec moi, hashtag YOLO.

1 Comment

  • Répondre janvier 1, 2014

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