Elle s’appelle Ruby ou la victoire des Rousses

On l’avait déjà évoqué dans un précédent article mais avec Elle s’appelle Ruby, les réalisateurs de Little Miss Sunshine confirment que l’année 2012 marque l’ère des Roux.

Partons d’un simple constat : Calvin, jeune prodige en panne d’inspiration pour son second roman, vient de se faire larguer par une rousse du nom de Lila. (Soit dit en passant, la combinaison Lila+roux est clairement une faute de goût.)

Dans ses errances nocturnes, Calvin s’éprend de la femme qui hante ses nuits, une certaine Ruby (enfin un peu de cohérence capillaire). En résumé, Calvin est roussophile : 2 rousses d’affilée, c’est un symptôme criant. Or Calvin est une pâle copie du bobo parisien qui se prend pour un artiste incompris. Donc, les bobos aiment les roux. CQFD.

Pardon Jonathan Dayton, Valerie Faris et toi, petite fille d’Elia, mais vous avez raté le coche. En partant d’une idée plutôt originale, vous aboutissez à Frankenstein au pays des bisounours. D’ailleurs, ce n’est même pas tellement original, les admiratrices de Guillaume Musso auraient pu crier au scandale devant ce fade plagiat de La fille de papier.

On nous présente au départ une rousse sexy un peu perturbée – voire névrosée – et rapidement, on se retrouve avec la ménagère de Téléachat. Quand bien même Zoé Kazan aurait le cul le plus sexy du monde des roux, Ruby manque cruellement de consistance et d'(in)cohérence.  Et que dire de Calvin alias Paul Dano, compagnon multifonction, si ce n’est qu’il semble une pâle copie du basset hound de Télé Z ?

Paul, t’es vraiment qu’une victime.

Ruby a beau être une rousse flamboyante, l’ironie, finalement, c’est que ça manque de piment. La bande annonce vendait une comédie romantique vitaminée : la vérité, c’est qu’au bout de 30 minutes, j’aurais tué pour un Redbull s’il n’y avait pas eu certains seconds rôles pétillants. Et je ne dis pas cela parce que Banderas m’a titillé avec sa barbichette poivre et sel.

Au moment où ma copine de sortie et moi-même sombrons, Calvin se décide enfin à maltraiter sa poupée. Enfin, un peu d’action, d’émotion, de profondeur, de… Non, en fait. Calvin fait un mini caprice sans oser détruire sa chose. A ce moment-là, je pense à mes crises de colère quand je décapitais des Barbies infidèles. Clairement, à 6 ans, j’avais plus d’énergie et de conviction que ce minable. Tapette, va.

Je vois venir les amateurs de films à l’eau de rose. Soyez tranquilles, ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sentent bon le sable chaud. Ca fera un téléfilm de qualité le lendemain d’une soirée post rupture.

En filigrane nous est suggérée une morale sortie de Marie Claire : trouver l’amour, c’est difficile, et le garder plus encore ! A vouloir contrôler l’autre pour qu’il corresponde à nos désirs, on finit par l’étouffer. Merci Zoé, tu viens de m’ouvrir les yeux, c’est fou.

Mais ne soyons pas trop durs : j’ai ADORE la bande annonce, et la BO animera certainement mes futurs karaokés (que du lourd : Sylvie Vartan et Plastic Bertrand entre autres).

J’en ai donc conclu que pour être la fille parfaite, il fallait être rousse et porter des culottes en coton. CQFD.

Elle s’appelle Ruby (VO : Ruby Sparks) de Jonathan Dayton et Valerie Faris, avec Paul Dano, Zoe Kazan, Antonio Banderas, Chris Messina… En salles le 3 octobre.

« Maniaque dans le fond, bordélique dans la forme. Adepte de la procrastination. J’aime avoir raison. De toute façon, j’ai toujours raison. »

Be first to comment