C’est grâce à Michel Gondry que Cinématraque existe

Vous me faites bien rire, tous, avec vos hommages à Gondry sur Cinématraque. Moi, je suis sa muse, à Michel, je l’ai fait sourire. Je te raconte ?

Michel Gondry n’est pas que le cinéaste génial bricolo que les fans du Frelon Vert vénèrent. Non, il est également un putain de vidéaste amateur, puis faiseur de merveilles clippesques. Gondry, c’est moi gamin avec ma caméra, le talent en plus. Lorsque moi je filmais mon papa en train de préparer une tartiflette lors de mes vacances de février, Gondry il imaginait des effets spéciaux poétiques et bluffants avec trois bouts de ficelle.

J’étais, évidemment, à l’époque, beaucoup plus fier de MES films qu’amoureux de ses essais. Attends, je faisais tourner la caméra, des plans à 360° et je captais souvent l’agacement des gens que je filmais : « Pose cette putain de caméra », qu’on me disait. Je captais la quintessence de la violence noyée au plus profond de chaque être. En ce sens, j’étais un putain de réalisateur. Jusqu’à ce qu’on me confisque ma caméra.

Avec du recul, je comprends aisément pourquoi je ne suis pas devenu Michel Gondry. D’une part parce qu’on m’a confisqué ma caméra, mais d’autre part aussi parce que ce type est un génie, et moi seulement presque.

Gondry, c’est le mec qu’adulte on aurait voulu être gamin.

Il a fallu attendre mes 23 ans pour que l’Usine à Films ouvre enfin ses portes, tout droit sortie de l’imaginaire de Michel Gondry. Le bricoleur nous y a prêté ses jouets, clés en main, avec pour mission d’y faire un film. C’était à Beaubourg, et le concept était tellement génial que je m’étais levé à HUIT-HEURES-TRENTE pour être le premier dans la file d’attente, tout étant d’ores et déjà presque booké par des journaleux et des serial-cliqueurs qui avaient été plus rapides que moi à la mise en vente des places.

Après quelques bonnes heures de queue, le groupie langue pendue que j’étais apprenait la bonne nouvelle : j’avais le droit d’intégrer le premier groupe de visite.

Une vingtaine de personnes rentrait dans les décors de l’expo. Emerveillement, premières idées, on commence par une visite en bonne et due forme. Puis vient le brainstorming, où il s’agit de décider d’un genre de film. En fait, la méthodo que nous donne notre guide, c’est de mixer deux genres. Ma SUPER IDEE de porno-western ne passe pas, alors on se rabat sur le western d’horreur.

Michel Gondry erre dans les parages, amusé mais tout timide. Il y a là les caméras de France Télévision, nous sommes la première session et le reportage nous montrera. Je me recoiffe.

3 groupes : les designers de jaquette, les costumiers et les scénaristes. J’erre mais finis à dessiner une maquette avec plein d’étudiants aux beaux arts. Je fais ma spéciale en dessinant des bonhomme en mode « 6 4 2 » ([INTERMEDE BAFA] sans poser le crayon tu fais un 6 puis un 4 et un 2, ça fait un PUTAIN DE VISAGE REALISTE), mais ça plaît bof. Un type plein de cheveux a dessiné une santiag remplie de sang, et des gouttes qui en coulent. C’est magnifique.

Terreurs et Santiags, ça sera notre film. Une histoire de santiags maléfiques, je sais plus trop pourquoi, mais genre VRAIMENT maléfiques.

Les costumiers, bien aidés de ces salauds de scénaristes cherchent des trucs à ma taille et rigolent. J’ai fait l’erreur de leur donner le champ libre concernant mon rôle…

ELLIPSE NARRATIVE

Voilà, je suis au-dessus d’une vache, en caleçon de fourrure, un os à la main. Je préfère ne pas en parler.

Je tape, je tape, je tape la putain de vache en plastique. Je hurle, je hurle, je suis dans mon personnage. Un coup d’œil à droite, les journalistes de France 2 filment et rient de bon cœur. Un coup d’œil à gauche et Michel Gondry est hilare, aussi.

DONC VOILA, quoi, les mecs. Gondry m’a kifé, dans mon rôle DE COMPOSITION d’homme préhistorique. Le film est dans la DVDthèque de Gaël, je crois (dis, tu l’as toujours, hein !? Tu le mates bien tous les deux jours, hein ?!). C’est incompréhensible, chelou, mais tellement drôle. Le temps d’une matinée, je suis devenu le gamin que j’aurais voulu être.

Mieux, puisqu’il vous faut du scoop, c’est là-bas que tout a commencé, c’est grâce à Gondry que j’écris pour vous. Parce que dans ce groupe d’inconnus, j’ai rencontré l’équipe de direction des Fiches du cinéma. Et pis après, j’ai écrit pour eux, et rencontré Tom, Gaël et les autres. Et ensemble, on a eu des idées.

C’est grâce à Michel Gondry que Cinématraque existe.

(Dzibz n’étant pas mon vrai prénom)
Red’chef ici, extrêmement sévère avec les autres, mais pas du tout avec moi, hashtag YOLO.

3 Comments

  • Répondre septembre 18, 2012

    Elsa Renouard

    Effectivement, c’était très mystérieux cette usine à films à Beaubourg mais ca a l’air encore bien plus passionnant que ce que je croyais (des santiags? maléfiques??ca tombe sous le sens).

  • Répondre septembre 15, 2012

    John C. Leroy

    Chez Cinématraque, on aime les belles histoires avec une forte dimension humaine… ^^

  • Répondre septembre 13, 2012

    Anne-C

    J’suis émue. Tant de lyrisme, c’est foudroyant.

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