Pour les JO à la télé, j’ai fait le plein de bières

Je ne comprends pas grand chose au sport, mais j’ai assez de place dans mon pantalon pour rentrer ma main. J’aime bien la bière, et insulter les arbitres. J’aime aussi les chips et Nelson Monfort. Les JO, pour moi, c’est l’événement télévisuel de l’année.

D’abord, il y a la cérémonie d’ouverture. Où l’on allume une grande flamme avec une petite flamme. Et moi, en copieur pyromane, d’allumer le gaz avec une allumette après avoir fait le tour en slip de mon appartement, saluant une foule invisible. Vous serez gentils de ne pas me juger, par contre. La musique des Charriots de feu, le feu qui s’allume et mes doigts qui se brûlent. Putain, c’est décidé, je ne reproduirai plus ce qu’ils font à la télé, je vais les regarder faire leur sport à la con, bien passif, avec ma bière, mes chips, seul, ma main dans mon froc.

Il y aura les épreuves intéressantes, en premier lieu. Celles où je pourrai m’émouvoir, en lâcher ma bière, me lever et (sup)porter Christophe Lemaître, parce que Patrick Montel commencera à hurler. Sur le 200, il débouchera 4e dans la ligne droite finale et le commentateur pètera un cable. « Allez Chrichri, la locomotive, le TGV accélère, il passe à la surmultipliée. C’est la médaille au bout, Christophe, allez Christophe ! »  JE SUIS DEBOUT, JE HURLE « ALLEZ CHRISTOPHE, ALLEZ LE TVG, LE TV, LA LOMOCO, LA LOCOVO, LE TRAIN, ALLEZ LE TRAIN ! »

7e, j’ai sué pour rien. « C’est bien quand même », lui dira l’autre con. Et Nelson Monfort d’interviewer dans une français zarb le « TGV » qui se dira « content dans un sens mais pas très content dans un sens de pas avoir pu être allé plus vite dans l’autre sens ».

 

BOOM, main dans le slip j’ai sursauté, et ça m’a fait un peu mal. C’est une épreuve de tir pas très passionnante, j’ai dû m’endormir sur Eurosport. Allez, je mate un peu pour voir. Il y a là beaucoup de gens qui ne font pas grand chose. Ils tirent sur des cibles qui bougent pas, et les commentateurs ont également l’air de s’emmerder. « Bien » « dommage » « bien » « dommage ». Je pionce à nouveau.

« Elle remporte la médaille d’or, magnifique, splendide concours… » PUTAIN J’AI LOUPE QUOI ?! (pitié pas le saut en hauteur pas le saut en hauteur pas le saut en hauteur). ET MERDE, je rate toujours le saut en hauteur féminin. J’aime beaucoup, pourtant, admirer la technique de saut des demoiselles leur jambes d’impulsion, leur esquive de la barre et tout. Mais je le rate tout le temps. « Et on passe au lancer du marteau féminin, un concours qui s’annonce véritablement épique. » NIQUE TA MERE.

Je zappe.

Tiens, un match de hand. On gagne, comme toujours au hand. C’est un peu chiant parce que je comprends pas les règles, mais l’ambiance a l’air sympa si l’on omet le fait que ça s’arrête toutes les trois secondes à cause de l’arbitre qui « ne laisse pas assez jouer ». On gagne, on est content, le buzzer retentit et je me lève et danse en slip. La vie est vraiment belle dans mon salon.

« Tout de suite, l’escrime. »

L’escrime c’est chelou. On sait jamais trop qui gagne, et les types enlèvent leur casque à chaque point pour hurler, même au premier tour de la  compétition à 1-0. Alors je pense toujours qu’ils ont gagné, mais en fait non. C’est supra-éreintant d’être spectateur d’escrime. On devrait être payé pour ça.

Je zappe sur la lutte, y a deux mecs coincés au sol qui arrivent plus à bouger. Personne n’a gagné, personne n’a perdu, on se fait chier. Le combat est même coupé pour faire place au canoë. Le canoë c’est marrant, parce que j’en ai déjà fait. Et moi quand je rame, je fais des tours sur moi-même. Eux non. Donc main dans le slip, je suis tout impressionné.

Bilan des médailles, on n’est pas bons mais on dit que c’est bien quand même, flamme qui s’éteint, je reboutonne mon pantalon. Je descends les marches tout essoufflé, plein de sueur, je sens pas bon. Je vais jeter mon cageot de bières SUPER LOURD, mais personne ne m’applaudit, personne ne me remet de médaille. Je remonte les escaliers au pas de course. Essoufflé, éreinté, je retrouve mon canapé chéri. Je décide de me remettre aux tomates, à l’eau et aux émissions politiques où intervient FOG. La vie peut reprendre son cours.

(Dzibz n’étant pas mon vrai prénom)
Red’chef ici, extrêmement sévère avec les autres, mais pas du tout avec moi, hashtag YOLO.

3 Comments

  • Répondre juillet 27, 2012

    RiyeT

    La première phrase donne le ton ^__^.
    Les JO c’est se passionner subitement pour l’effort qu’on a pas envie de produire. Et ça c’est génial.

    • Répondre juillet 27, 2012

      Anne-C

      Entièrement d’accord. Mais faut pas croire : supporter, c’est suer.

  • Répondre juillet 27, 2012

    John C. Leroy

    Ca tombe bien, j’ai fait le plein de bière hier =D

    Et pour avoir fait neuf ans d’escrime, je pense pouvoir affirmer que c’est encore plus éreintant à pratiquer qu’à regarder (comme tout, tu me diras) (je résiste à faire une allusion bassement sexuelle) ^^

    Bon, bière…

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