Take me somewhere nice: un film joliment pop

Ce premier film d’une réalisatrice d’origine Bosnia que, Ena Sendijarević, est une jolie réussite. On avait loupé son court métrage, Import, sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs en 2017. Un film choisi par les Pays Bas, son pays d’accueil, pour concourir la même année aux Oscars. Take me Somewhere Nice est un road movie qui suit une jeune néerlandaise cherchant à retrouver les traces de son père bosniaque retourné au pays. En chemin elle rejoint son cousin, traînant sa fierté nationaliste et un de ses potes dont les charmes ne la laisse pas indifférente. Voilà un film idéal à découvrir sur la croisette. Ce qui frappe en premier lieu, c’est l’aspect solaire du film. Le genre de film qui fait sourire, comme avait pu le faire John From à son époque. Il partage, d’ailleurs avec le film portugais ce côté parenthèse enchantée qu’on associe toujours à l’été de notre adolescence. Take me Somehwhere Nice est un film résolument pop et ce n’est pas peu dire que ce n’était pas gagné d’avance tant l’Histoire récente de l’ex Yougoslavie et de la Bosnie est pavée d’horreurs et de conflits.

Take me somewhere nice Cannes 2019

Si la cinéaste ne cache pas du tout, les stigmates du passé et les tensions qui continuent aujourd’hui encore à assombrir la vision de la jeunesse bosniaque, elle prend la résolution d’offrir au spectateur un regard aussi naïf et ouvert sur la beauté du monde. On y découvre des paysages magnifiques et surtout une façon très stylisée de mettre en valeur l’architecture et les couleurs pastels qui couvrent les murs des bâtiments de la région. Face aux tentions, Sendijarevic utilise également une arme, plus subversive qu’il n’y paraît : le sexe. Take me somewhere Nice est joyeusement érotique. Sans aucune vulgarité Ena Sendijarevic filme le bonheur de faire l’amour n’importe où du moment que c’est beau. Cette générosité et la beauté de l’ensemble, le sens du cadre de la dame et ce mélange d’humour et de gravité nous rappellera d’une certaine façon le premier film de Roy Andersonn Une histoire d’amour suédoise. Ce qui est, pour nous, un très joli compliment.

Take me somewhere nice, de Ena Sendijarevic. Avec Sara Luna Zorić, Lazar Dragojević

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