Abou Leïla : Mirage, mi-désespoir [Semaine de la critique]

Deux Algérois partent dans le sud de l’Algérie à la recherche d’un dénommé Abou Leïla. Pourquoi ? Qui est-il ? Ce premier film d’Amin Sidi-Boumédiène entretient longuement le mystère et ne donne que des réponses parcellaires. C’est la quête de ces deux amis qui compte, une quête qui les entraîne dans les méandres de leur propre folie.

En effet, l’un des deux compagnons de route semble souffrir de graves problèmes mentaux. Par petites touches, le réalisateur nous accompagne dans la psyché de ce personnage. Très vite, les hallucinations se succèderont sans que l’on ne sache plus distinguer le vrai du faux. Dans les beaux décors du désert algérien, voir ces hommes tituber vers un but incertain, toujours à deux doigts de sombrer dans la démence violente, a quelque chose d’assez beau. Amin Sidi-Boumédiène joue avec suffisamment de malice dans sa mise en scène pour justifier ses longs passages hallucinés qui étirent le récit. Une belle séquence explicative qui lie flash-back et rêve enfiévré montre ainsi le potentiel du réalisateur.

Abou Leipala…

On peut cependant regretter l’usage un peu trop systématique de ces hallucinations qui restent un levier facile pour créer des images surprenantes et choquantes sans avoir à approfondir l’intrigue principale. On se détache un peu de ces personnages inaccessibles perdus dans une quête qui ne nous concerne pas. Abou Leïla reste cependant une entrée tout à fait correcte de cette Semaine de la Critique, et on surveillera les prochains projets de ce réalisateur.

Abou Leïla, un film d’Amin Sidi-Boumediene. Avec
Slimane Benouari et Lyes Salem
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