Maquia, When the Promised Flower Blooms : une nouvelle réalisatrice japonaise se fait remarquer

La réalisatrice Mari Okada commence tout juste à se faire un nom dans le monde de l’animation nippone, et pourtant on entend déjà beaucoup parler d’elle. Quand elle ne scénarisait encore que des œuvres de commandes, elle a publié une autobiographie centrée sur sa relation tumultueuse avec sa mère, qui a rencontré un tel succès qu’elle a été adaptée en série télévisée. Le studio a donc décidé de lui donner carte blanche pour son premier long métrage original : c’est ainsi qu’est né Maquia, When The Promised Flower Blooms, une œuvre hybride et singulière qui a l’intelligence de raconter une histoire sur la maternité dans un contexte d’heroic fantasy.

Maquia est une sorte d’elfe tisseuse qui vit avec toute une bande de tisseuses (on dirait que je les insulte dit comme ça, mais pas du tout) dans un royaume céleste magnifique, qui ressemble en gros à l’univers de Shadow of the Colossus avant qu’il soit dévasté. Les elfes tisseuses (j’ai oublié leur nom dans le film) sont quasi-immortelles et n’ont aucun lien avec le monde terrestre, car comme le dit la matriarche, s’attacher aux humains c’est connaître la souffrance et la solitude. Évidemment, il faut bien que film se fasse, et donc des méchants viennent attaquer le royaume des elfes tisseuses, Maquia se retrouve dans le monde des hommes et s’attache à un bébé qu’elle trouve dans les bras de sa mère morte. Elle élève son fils, seule et en cavale, poursuivie par les méchants qui veulent se débarrasser des dernières elfes tisseuses…

Malgré quelques faiblesses scénaristiques et quelques lourdeurs, malgré quelques passages qui auraient bénéficié d’un peu plus de temps ou de développement, Mari Okada livre une première réalisation de toute beauté et parfaitement enthousiasmante. L’univers qu’elle a inventé est très riche sans jamais être le focus de l’histoire, ce qui permet d’y être plongé sans se sentir assommé par des informations factuelles. Cependant, elle a aussi tendance à aller trop vite sur certains passages, ce qui rend l’intrigue politique assez confuse et parfois un peu chiante. Pour ce qui est de l’émotion en revanche, et de la relation entre Maquia et son fils Ariel, c’est une merveille absolue. Et c’est très rare de voir ce genre de rôle dans l’heroic fantasy ! Une maternité tragique qui annonce dès le début que la mère devra enterrer son enfant, ce n’est quand même pas rien…

On recommande donc ce premier long métrage, et nous sommes heureux de voir Mari Okada rejoindre Naoko Yamada dans les rangs des réalisatrices d’animation japonaise de premier plan.

Maquia, When The Promised Flower Blooms de Mari Okada avec les voix de Manaka Iwami, Miyu Irino, Ai Kayano, Yūki Kaji, Miyuki Sawashiro, Yoshimasa Hosoya, Rina Satō, Yōko Hikasa, Misaki, Kuno, Tomokazu Sugita, Hiroaki Hirata.

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