Comment le porno moderne a ruiné l’inceste

Fauxcest Cinématraque

Chers lecteurs, chères lectrices,

Le monde va mal. Il va très mal. Il souffre, et nous aussi. Bien sûr, comme souvent les causes sont multiples. Le patriarcat et la justice amorale permettent aux hommes comme Darmanin de vivre en toute impunité. Le racisme d’Etat autorise tous les frappés en tout genre à s’en prendre à des femmes comme Rokhaya Diallo sans le moindre risque. Nos dirigeants n’en ont rien à péter de la surconsommation ou de la destruction progressive de la planète, ainsi que de la disparition des girafes. Tout va si mal que vous en êtes réduits à lire la section Cinématrique du site… « Comment en est-on arrivé là ? » disait le roi Theoden, dans un grand moment de souffrance.

Et l’une des preuves indéniables de ce mal, c’est la tendance qui explose dans le visionnage porno ces dernières années : le « fauxcest ». C’est-à-dire, des actes sexuels ou des comédiennes et comédiens se font passer pour des parents ou beaux-parents. Le site GameLink.com a récemment indiqué une augmentation de 178% des recherches liées à ce sujet sur les sites de fesses. Allez savoir, peut-être que le fait que Jon Snow ait pécho sa tante dans la dernière saison de Game of Thrones, ça a libéré les passions. Certains diront que c’est affreux, immoral, immonde… Mais pas nous. Non, ce qui nous dérange réellement, c’est qu’en se popularisant dans l’art pornographique, les histoires d’amour incestueuses perdent la beauté qu’elles pouvaient avoir dans les grandes œuvres de la littérature.

Nous nous adressons maintenant aux lectrices et lecteurs qui sont encore là à lire, et qui ne sont pas parti.e.s appeler la police pour nous dénoncer pour atteinte à la morale. Permettez-nous donc quelques explications : en littérature, les histoires d’inceste sont légions (et je ne parle pas d’un certain événement de la saison 2 de Legion ici, attention, même si je comprends qu’il puisse y avoir quelque confusion) depuis il y a fort fort longtemps. C’est tout simplement une tradition judéo-chrétienne que de la mentionner pour la condamner. Par nature dans sa conception biblique, la littérature de l’inceste explore ce qui est contre nature : elle est donc tragédie romantique.

Le meilleur exemple restera toujours Phèdre ; cette pauvre femme est punie pour avoir osé tomber amoureuse de son beau-fils. « La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte ! », dit-elle en parlant de sa propre personne. L’auteur John Irving, pour citer quelque chose de plus moderne, a fait de la tragédie incestueuse son fond de commerce ; tout repose sur cet interdit, cet amour que l’on veut comprendre sans pouvoir accepter. C’est une véritable torture, on souffre ! De la catharsis en veux-tu en voilà, et on en redemande.

Et puis voilà que le fauxcest arrive sur nos écrans. Enfin, sur nos sites pornographiques préférés. Le problème repose dans la nature même du film pornographique : il n’y a pas de surprise. Dès le titre « Maman et le petit secret cochon de son beau-fils », on sait à peu près où ça va. Il n’y a plus de tragédie, plus d’horreur, plus de catharsis. C’est la débandade… Enfin. Cela dépend pour qui. Evitons les jeux de mots foireux, c’est un article sérieux. Et l’inceste aussi, c’est sérieux. Quand on lui retire son élément tragique, que lui reste-il ? Un tabou indiscutable, oui, mais un tabou qui gagne en popularité. Il ne tient qu’à nous de lui refuser ce succès, aussi nous vous implorons ici : cessez de regarder ce type de vidéos. Relisez plutôt Phèdre, et luttez contre la violence nationaliste et autoritaire de la police de votre pays.

sources :

https://www.thedailybeast.com/fauxcest-the-disturbing-rise-of-incest-themed-porn

https://www.erudit.org/fr/revues/etudfr/1965-v1-n2-etudfr1730/036196ar.pdf

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