Edito de rentrée : éloge du faux rythme

Sur les réseaux sociaux, nous avions annoncé notre grand retour post-congés estivaux au 1er septembre, mais on est aujourd’hui le 2. Vous ne nous avez pas outre-mesure réclamés, les faux faux-pas du Gorafi nous ayant certainement volé la vedette. Aussi, nous souhaitions par la présente vous remercier de ne jamais trop nous presser. Parce que prendre le temps de – bien, si possible – faire les choses, c’est notre crédo. D’aucuns diront flemmarder. Moit-moit.

De l’urgence accouchent, du moins l’a-t-on mathématiquement constaté statistiques du site à l’appui, les textes les moins lus du site, et certainement donc, de facto, les plus bâclés. Statistiquement, on vous le répète, ça se vérifie, même si ça nous arrange plutôt.

Cinématraque, qui émet depuis désormais plus de 3 ans, a ceci d’intéressant qu’il est bien lu. Quantitativement, parlant, d’abord, puisque vous êtes une petite centaine de milliers à arriver chaque mois sur nos pages – on ne remerciera jamais assez les miracles du référencement Google (essayez d’y taper « cul », vous comprendrez). Qualitativement parlant, ensuite : vous lisez surtout les articles sur lesquels nos rédacteurs passent du temps. La plus belle statistique du site, lorsqu’on s’attarde sur les analytics, c’est celle du temps moyen passé sur une page. 3 minutes 10. Ca signifie que comme pour faire de l’essence, vous ne venez pas chez nous par hasard.

Il suffirait juste maintenant qu’on trouve un moyen de générer du clic avec des gifs de chatons, pour devenir le Buzzfeed du cinéma.

Mais on n’a pas vraiment le temps de se pencher sur le problème. Ce que l’on préfère, nous, c’est boire des coups, voir des films, faire la lessive, chasser des punaises de lit, partir vivre à l’étranger, bosser pour plein de trucs, préparer à manger pour ce soir voire avoir la grippe.

On n’est pas des critiques de cinéma. Parce qu’on ne veut pas être des critiques de cinéma.

brit

Critique de cinéma c’est mal payé. C’est pas payé, d’ailleurs, la plupart du temps. Et puis on n’aime pas écrire quand on n’est pas inspirés. Et puis de toute façon, du fait de l’appellation a priori belliqueuse du site, on nous refoule régulièrement des projections presse.

En trois années d’existence, donc, on a pu se former une grande et belle famille. Des gens talentueux, car n’ayant, eux non plus, pas de temps à consacrer au site. Des gens aussi brillants pour écrire que pour ne pas écrire, sachant se faire désirer avec talent. Et nous on aime bien ça, les plumes qui se font désirer, même si au quotidien on fait croire à nos rédacteurs qu’on va déclencher une alerte enlèvement s’ils ne nous donnent pas de nouvelles sous 3 mois.

Il n’est donc pas là question de se plaindre du manque de productivité, ni de réfléchir aux bienfaits d’une critique à la chaine sur l’audience d’un site. L’heure est plutôt à la célébration du faux rythme.

On n’aura jamais le temps de faire plus, mais toujours l’envie de faire mieux. N’attendez donc pas de cette saison 4 de Cinématraque qu’elle regorge de cliffhangers, d’exclusivités et de contrepieds. Espérons seulement qu’elle continue de générer vos clics intéressés. Ces prochains jours, vous pourrez notamment dans nos colonnes suivre l’Etrange Festival (avec Gaël), le Festival porno XRCO 2015 (avec Stéphane) ou encore le Festival de Deauville (mes bagages sont prêts).

Soyez en tout cas bien certains que lorsque vous verrez un nouvel article floqué Cinématraque, il sera le fruit d’une bonne dose d’un temps très précieux que vous – nous – consacre son auteur.

Envoyé de mon smartphone

(Dzibz n’étant pas mon vrai prénom)
Red’chef ici, extrêmement sévère avec les autres, mais pas du tout avec moi, hashtag YOLO.

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