« Les films que j’aime » de Myroslav Slaboshpytskiy, réalisateur de « The Tribe »

« The Tribe » était présenté en avant-première au FIFGROT, avant que la commission de classification le range dans la catégorie «interdit aux moins de 16 ans ». On a demandé au réalisateur dont le nom rapporte 48 points au Scrabble de nous parler des films qu’il affectionne le plus.
Un immense MERCI à Anna Koriagina pour avoir assuré la traduction ukrainien-français lors de cette rencontre, cet été à Paris.

1) Le film qui vous a causé votre premier choc cinématographique.
Ce doit être compliqué, je vais réfléchir.

2) Le film qui vous a fait dire « je veux être réalisateur ».
Abdullah India.

61hTfvrW1qL3) Le film que vous offrez le plus.
C’est une question très compliquée parce que j’aime beaucoup offrir différents films. Ça dépend du moment de la journée : le matin j’aime un film, le soir j’en aime un autre. Et ça dépend aussi de la personne à qui je vais offrir ce cadeau : par exemple je peux offrir un film pornographique. La version pornographique de Blanche-Neige et les sept nains est vraiment super, parce que les nains sont dans les costumes de l’opéra de Budapest. Joe d’Amato était chef opérateur. C’est tourné en 35mm, c’est vraiment super, ils baisent tout le temps.
Je peux également offrir Une ville de dieu, ou encore une comédie avec Pierre Richard ou Louis de Funès. Et puis Dogville, aussi, de Lars Von Trier.

4) Le film que vous ne vous lassez pas de revoir.
Dogville de Lars Von Trier.

5) Le film qui vous fait dire « il devrait être obligatoire au Bac ! ».
Chroniques sexuelles d’une famille d’aujourd’hui, c’est un super film éducatif.

chroniques sexuelles

6) Le film qui vous fait dire « c’est mon histoire, ça ! » (un film dont vous êtes le réalisateur serait une réponse trop facile).
Il n’existe pas ce film, et n’existera jamais.

7) Le film dont vous avez repoussé le visionnage à cause d’un gros préjugé et qui vous fait dire « les préjugés, c’est tout pourri ».
Ça le fait tout le temps avec moi, vraiment.

8) Le film dont vos amis disent « tu regardes ça, toi ? ».
Presque tous les films que je regarde.

9) Le film que vous n’avez jamais rendu à son propriétaire… d’ailleurs, il peut toujours courir pour le récupérer.
Je viens d’Ukraine et c’est le pays où l’on pirate le plus en Europe. On peut trouver n’importe quel film sur Internet. Il n’y a pas de cinémathèque à Kiev, parce qu’on a tout sur les sites de partage. Les westerns américains, des gloires hollywoodiennes à Jacques Tati, vous pouvez tout trouver. C’est pourquoi je ne peux pas répondre à votre question.

10) Le film qui vous fait voyager et qui vous a décidé à aller dans les lieux décrits… je me demande si un réalisateur un jour me répondra l’Ukraine grâce  votre film.
Ah ah (rires ukrainiens) L’arbre de Guernica.

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11) Le film qui vous enracine.
En Union Soviétique, où j’ai grandi, il n’y avait pas de films américains. Les films français ont remplacé les films américains, c’est pourquoi mon enfance était pleine de films français. Je me souviens de films avec Alain Delon, Pierre Richard, Louis de Funès. Certains avec Gérard Depardieu, comme ça. C’est drôle parce que du point de vue des critiques, ces films ne sont pas très bons. Pour Jean-Paul Belmondo, je ne me souviens pas d’À bout de souffle ou de Pierrot le fou, je me souviens de films policiers ou de thrillers.

12) Vu que la Sécurité Sociale ne doit pas exister en Ukraine, je reformule… Le film qui vous remet de bonne humeur.
Plein de comédies françaises.

13) Le film qui ne vous quitte pas.
The Tribe.

14) Le film dont vous pouvez réciter des dialogues par cœur (non… un film dont vous êtes le réalisateur serait une réponse trop facile).
Ce sont des films russes et soviétiques que je regardais. Par exemple, je peux réciter des répliques de Moscou ne croit pas aux larmes.

15) Le film qui est votre dernier coup de cœur.
Parmi mes derniers coups de cœur, je citerais la trilogie Paradis par Ulrich Seidl.

paradis

Article initialement publié sur le site Culture31

Personne connue pour être associée au pole dance, aux mojitos, aux banoffees, aux films hongrois sous-titrés en tchèque, mais pas que, du moins elle l’espère.
Reconnait des plans de films qu’elle n’a pas vus. Même elle ne comprend pas cette compétence, mais ça lui permet de prendre la main qu’elle laisse aussitôt parmi ce groupe d’amis qui ne se connaissent pas. Ça lui suffit pour sourire.

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