Les Couilles des hommes 3

Avoir un bon copain
C’est ça qu’il y a de meilleur au monde.
Avoir un bon copain
C’est plus fidèle qu’une blonde…

C’est le message de ce film. C’est tout.

Ce film a été coproduit par France 2 et Canal+, ce qui en soi est assez incompréhensible. Peut-être ces boites ne reçoivent-elles pas assez de scénarios… J’appelle donc tous les scénaristes en galère et talentueux à tenter l’aventure auprès de ces chaînes.

A leur décharge, c’est le troisième opus, et ils ne pouvaient pas savoir que ce serait le plus mauvais. Les deux premiers furent des films honnêtes, parfois sympas, même, mais la bande annonce du troisième ne laissait rien présager de bon. Il n’y eut effectivement rien de bon.

Je me suis amusé pendant la projection à essayer de mettre bout à bout dans ma tête les scènes mal jouées, les scènes mal dirigées, les dialogues creux, les dialogues téléphonés, les vannes pathétiques, les répétitions, les champs-contrechamps scolaires, le mixage façon AB production et autres effets de réalisation tout aussi déplaisants. En les regroupant toutes, j’ai obtenu le film en entier, sauf la petite scène où les gens dansent à un mariage. Et même le plaisir que j’avais eu grâce à elle a été interrompu brutalement par un dialogue insipide que l’auteur n’a pas pu se retenir de balancer tel un éjaculateur précoce.

4 personnages, 4 trajectoires

Antoine (Bernard Campan), prof de gym devenu fonctionnaire qui redécouvre l’amour à chaque épisode…. SUPER

Manu le charcutier (Je an-Pierre Daroussin), l’homme Viril/mari gentil qui a fait le choix de l’amour de sa vie et la soutient dans son cancer.

Jeff (Gérard Darmon) qui ne joue pas dans le film parce qu’il s’est fâché et est parti. On espère que c’est en lisant le scénario, mais le réalisateur prend bien soin de nous expliquer 3 fois qu’il est parti. C’est pratique, si vous avez un problème de prostate, vous aurez au moins une fois l’information entre 2 pipis.

Alex (Marc Lavoine), petit patron au train de vie de millionnaire qui se découvre père et et qui est passé du mari volage au mari infidèle, mais fou de sa femme.

Enfin, le petit nouveau Jean (Eric Elmosnino, qui fut jadis Gainsbourg, no comment) qui découvre qu’en fait c’est chouette d’avoir des amis et pas que pour courir, et fait tout pour se convaincre qu’il n’est pas fait pour la vie de couple. Il aurait visiblement un problème œdipien. COMME C’EST ORIGINAL. En tout cas Eric Elmosnino doit avoir un gros crédit sur le dos pour enchaîner autant de navets (vu précédemment dans Hôtel Normandy et Des gens qui s’embrassent).

Contrairement aux épisodes précédents, les personnages féminins n’existent pas. 3 petites scènes et puis s’en vont. A aucun moment on ne rentre dans leurs problématiques. Le réalisateur n’a même pas jugé bon d’essayer.

Régulièrement, j’étais gêné pour les acteurs de les voir se ridiculiser à ce point.

La réalisation est sans aucune imagination. Avec des champs-contrechamps permanents où l’on voit systématiquement les personnages parler mais jamais écouter. Et la grande idée récurrente du film pour faire en sorte que ces 4 amis se réunissent, c’est de les faire courir autour d’un minuscule lac. Le tout alterné par des plans et des panoramiques sur cette merveilleuse ville qu’est Paris.

Il y a un vrai côté instagrammeur compulsif. Il ne manquait juste que les hashtags #toureiffel #tourmontparnasse #seine.

Au niveau du scénario, on a l’impression que le film a été fait avec le premier jet du premier brouillon. Tout est expliqué 4 fois comme si il ne fallait surtout pas surprendre. Et les blagues sont moins fines, plus beauf et moins drôles que celles de Jean Roucas.

Exemple avec ALEX (Marc Lavoine)

1. J’apprends que j’ai a un petit garçon de 10 ans.

2. Oh la la je vais devoir le dire à ma femme.

3. J’en parle d’abord à mes copains « qu’est ce que vous me conseillez ? » sachant que ma femme va me dépecer.

4. J’ai décidé mais faut que je trouve une technique parce que sinon elle va me jeter dans la Seine du dernier étage (avant ou après l’avoir dépecé, l’histoire ne le dit pas mais ayons une pensée pour les pauvres qui n’ont pas une vue sur tout Paris et sur la Seine quand l’un des conjoints décide de défenestrer l’autre).

5. J’élabore un plan machiavélique : je vais tirer une tête d’enterrement, elle va croire que j’annonce un cancer et du coup quand j’annoncerai l’enfant, ça va passer comme sur des roulettes. ( « comme un suppositoire » sic)

6. Il fait exactement ce qu’il a prévu.

7. Ca marche.

8. Il fait exactement pareil pour l’annoncer à sa fille de 25 ans.

9. Ca marche exactement pareil.

Ca fait certes l’économie au critique d’un décryptage.

Je ne vous donne pas rendez-vous pour Le cœur des hommes 4. J’espère vraiment qu’il n’y en aura pas.

Le Coeur des hommes 3, Marc Esposito, Bernard Campan, Jean-Pierre Darroussin, Eric Elmosnino, Marc Lavoine, 1h54, France.

Publié aussi par l’auteur sur Megaconnard

Jeremy Sahel est réalisateur, producteur et il aime l’internet, les contenus et la vie. il lui arrive d’être drôle mais aussi pathétique, et le plus souvent médiocre. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir un avis.

1 Comment

  • Répondre novembre 14, 2013

    veque emmanuelle

    ce film est a chier et depuis je ne suis plus amoureuse de Marc Lavoine tellement je l ai trouve pathetique

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