Tous cobayes ? OUI !

J’aime les OGM. Genre beaucoup. Je ne me nourris que de ça, en attendant, sûr de mon fait, les super-pouvoirs.

Mon amoureuse, n’aime pas les OGM. Elle refuse que j’en mette lorsque je cuisine pour nous deux, mais j’en mets quand même en scred, histoire qu’elle devienne super musclée et puisse remporter le concours de miss muscles. Genre mieux encore qu’elle :

 (Regardez jusqu’au bout, et tout bien attentivement, pour pouvoir apprécier le twist final, digne des plus grandes heures de M. Night Shyamalan)

On a donc vu le film ensemble. Et on l’a vu différemment.

Car tous cobayes, ça n’est aucunement une histoire de far-west, ce qui m’apprendra à ne pas savoir écrire l’anglais. Avec mon étoile de shériff et mes santiags, j’ai l’air d’un con à la projo presse. Tous cow-boys, l’aurait-on écrit, me glisse Eric Neuhoff avec dédain.

Mon amoureuse est heureuse, elle, de voir un film avec des gens qui louent Dieu José Bové.

Le postulat de départ intéresse : il s’agit de mettre dans le même sac OGM et nuquélaire (mon autre passion, une heure par jour à quelques mètres d’une centrale, ça c’est pour essayer d’avoir des écailles). Des scientifiques pas du far-west nous parlent. Evidemment, ils nous prouvent petit à petit que c’est moyen moyen de manger des OGM et de faire des UV près des centrales nuquélaires..

Corine Lepage fait des tests sur des souris. Une expérience révolutionnaire. Révolutionnaire mon cul, scande-t-on avec Marie à la sortie de la projo : elle, elle n’a rien appris, et moi, j’ai juste vu des putains de rats qui ont développé des putains de muscles grâce aux OGM (tumeurs mon cul).

Elle la puriste moi le con, on a longtemps dû échanger pour se rendre compte qu’on n’était toujours pas d’accord, c’est bien la preuve qu’il y a un problème avec le film. D’habitude, dès la sortie de la salle, on peut commencer à débattre avec les poings. Quand c’est un film avec des méduses elle adore, tandis que quand il est question de muscles JE NE REPONDS PLUS DE RIEN. 

Concrètement, on n’a rien appris devant « Tous cobayes ». Edifiant, ça l’est. Manichéen aussi. Comme d’habitude dans ce genre d’exercice, les « méchants » n’ont pas la parole, et Jean-Paul Jaud gagnerait à faire plus confiance à son spectateur, à tout lui montrer, à le laisser seul juge. Car tout n’est là que pour marteler plus que pour aiguiller : par exemple, la voix de Torreton ne fait que vulgariser les propos scientifiques et les images déjà plutôt parlants.

Jaud est un mec bien, sûr de son fait. Il a très certainement raison, mais son souci de vouloir être clair dans sa tête et pédagogue rend son propos vulgarisateur et simpliste. Le spectateur reste à distance.

La faute également au manque de cinéma. Parce que ça n’en est pas, du cinéma. C’est autre chose, un objet mutant plus complexe à cerner, à s’approprier et à apprécier.

Et la faute au manque de rasoirs, aussi. Sont tous barbus, les salauds qui veulent m’empêcher de devenir un super-héros.

Et la faute au manque de cow-boys, surtout.

Mais le tout reste, et c’est important, louable et utile. Que ce soit lorsqu’on veut encore un peu se conforter dans son dégoût des OGM, ou bien pour continuer à en manger dans l’espoir de choper des nouveaux muscles comme les souris.

Merci d’avoir lu mon article (écrit, après discussions, avec une jolie blonde).

 Tous Cobayes, actuellement en salles

On pourra être en accord le jour où Béla Tarr fera tourner Bruce Willis dans un film où il tuerait GENTIMENT des terroristes hongrois. En noir et blanc. Mais en marcel. Avec de la musique folklorique hongroise. Et des bonnes meufs.

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