Tin Can : film en toc

Si jamais votre scène préférée de Matrix est celle où Neo se réveille dans un liquide dégueulasse avec des câbles branchés de partout, alors, bon déjà vous êtes bizarres, mais surtout Tin Can pourrait bien vous plaire. Ce long-métrage de science-fiction poisseuse de Seth A. Smith vous propose de vous plonger dans un monde étrange et inconnu : un monde en pleine pandémie.

Bon, à ceci près que dans leur univers, ils ne doivent pas avoir autant de conspirationnistes que nous (encore que, on a jamais fini d’être déçu par ici), vu que les symptômes sont très visuels : des sortes de branchies et autres plis aqueux et bien dégueulasses apparaissent sur les corps contaminés, pour se répandre ensuite sur toute la surface et l’intérieur… Bref du bon gros body horror des familles qui donne un peu envie de vomir au visionnage. C’est la partie réussie de Tin Can : visuellement, ça en jette malgré un budget moindre. C’est certainement pour des raisons d’argent que le film est principalement un huis clos par ailleurs : les protagonistes travaillent dans une boîte pharmaceutique qui pense pouvoir régler le souci avec des sortes de containers de mise en quarantaine. Et ils et elles se retrouvent tous prisonniers dans ces mêmes containers comme des sardines, d’où le titre du film : pas malin !

C’est malheureusement ici que l’intérêt de Tin Can s’arrête. Car sous un concept pas forcément si évident, et des idées plutôt malines pour mettre en scène des situations abominables à regarder (après, je suis petite nature donc ça joue aussi), se cache une histoire foncièrement bateau, et terriblement mal racontée.

Je pense pas être totalement débile. Un peu, mais pas totalement. Alors quand je comprends rien à un film, ou quand je galère à suivre simplement le contexte qui m’est exposé, c’est en général parce que la narration est volontairement cryptique. Ici on nous distille les informations au compte-goutte sans tomber dans des gros pavés d’exposition forcée, mais sans nous aider à trop comprendre toutes les relations entre les personnages, ou pire, les intentions derrière les actions. Et même si je suis un peu débile, je suis aussi scénariste, et là ça ne pardonne pas : on ne peut pas camoufler la faiblesse de l’histoire derrière une narration éclatée. Dans les deux sens du mot « éclaté » pour le coup. Car en plus des scènes dans les containers, on a en parallèle des flashbacks autour de l’héroïne du film. Dont un où elle plante une aiguille dans l’urètre de la teub de son mec pendant qu’il dort, donc si c’est un de vos kinks… De rien ?

La confusion généralisée s’étend également (comme l’infection dans le film, je fais des images car j’ai du style) dans la mise en scène, qui peine à choisir un point de vue. On a en effet du mal à vivre la claustrophobie au sein des petits espaces qui contiennent les protagonistes, puisque la caméra n’a de cesse de tricher avec ces espaces pour nous donner à voir des choses que l’on ne devrait pas connaître. Cette bascule répétée de point de vue, qu’elle soit l’affaire d’un plan égaré ici ou d’une plus longue séquence ailleurs, participe à rendre le film difficile à suivre, parce qu’on ne comprend pas où il veut nous emmener. Et ma maman m’a appris à ne pas suivre les gens bizarres qui ne disent pas où ils veulent m’emmener. Donc je me laisse pas emmener. Désolé Tin Can.

Tin Can, un film de Seth A. Smith avec plein de gens dont je me fous sauf Michael Ironside mais qui fait pas grand chose.

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