Annecy 2020 : le meilleur de la sélection Contrechamp

Voilà maintenant deux ans que la sélection Hors Compétition du festival d’Annecy a été renommée et permet à un film au moins de repartir avec un prix. L’an dernier c’est le très beau et curieux Away qui avait été récompensé, souvenez-vous… Il sortira d’ailleurs au cinéma en France le 23 septembre !

Comme une grande partie de la sélection est accessible en ligne cette année, voici nos recommandations pour profiter au max de ce festival en ligne. Ce qui veut dire que nous ne vous parlerons pas ici de On-Gaku : Notre Rock, car s’il fait partie de la sélection et est à nos yeux le meilleur film disponible, il n’est malheureusement pas accessible via la plateforme Annecy Online.

Cinématraque recommande

Chouette tenue mais les manches sont très mal taillées, c’est plus ce que c’était H&M

The Shaman Sorceress, de Jae huun AHN

Ce magnifique et singulier long métrage coréen s’inspire d’une nouvelle des années 30, et mêle confrontation générationnelle et culturelle. C’est l’histoire d’une shaman, de sa fille muette, mais surtout de son fils qui, suite à un pèlerinage rencontre des chrétiens, et se convertit…

Un sujet comme on n’en voit déjà pas tous les jours, c’est déjà bien. Formellement, The Shaman Sorceress se démarque également par une animation au trait très fin, très minimaliste pourtant colorée. L’histoire est majoritairement racontée via deux procédés narratifs : la voix-off, qui vient commenter l’image, et la comédie musicale, qui vient la sublimer. En effet le long-métrage comporte de nombreuses chansons qui servent à exprimer la puissance des émotions déchirantes des personnages. C’est très beau, et relativement déprimant on va pas se mentir.

Entre la rédaction de cet article et sa publication, le film a décroché une Mention de la part du jury de la catégorie !

Lava, de Ayar Blasco

Histoire de ne pas tirer la tronche devant son écran toute la semaine, on va donc s’attaquer à du cinéma un peu moins dramatique. Lava est un délire totalement tcharbé d’animation 2D par ordinateur au style adulto-minimaliste, qui parle de fin du monde. Mais de manière drôle !

Tout commence lorsque la population se fait hypnotiser par leurs écrans… Sauf, étrangement, les tatoueurs et autres artistes. C’est le cas de Débora, l’héroïne du film. Puis des chats géants viennent se poser un peu partout sur les toits des immeubles, l’air menaçant. C’est à partir de là que tout devient complètement frappadingue.

Lava est une comédie mordante qui n’a pas froid aux yeux (car c’est un film, il n’a donc pas d’yeux), et qui ne cesse de moquer sa propre prémisse. Le propos de départ est faussement manichéen : les écrans c’est de la merde, les vrai.e.s artistes sont seuls et seules à ne pas se faire matrixer par l’invasion extraterrestre (oui les chats géants sont des aliens, essayez de suivre). Puis au fur et à mesure le film s’en prend aussi aux tatoueurs et dessinateurs, majoritairement aux hommes d’ailleurs, et leurs tentatives pathétiques de s’emparer des femmes qui les entourent.

Peut-être que Lava va même trop loin par moments en s’adressant directement au spectateur et désamorçant son propos par des commentaires méta façon Brecht, mais sur la petite heure de fun déjanté qu’il propose, on ne va pas trop lui en tenir rigueur. En revanche s’il y a quelque chose de raté, ce sont les sous-titres. Uniquement disponibles en anglais, ils sont truffés d’erreurs et parfois sont carrément incomplets ! On sait qu’Annecy n’est pas à l’abri de ce genre de bêtises amateurs (celleux qui ont vu Animal Crackers en 2017, on se sait. On se sait), mais tout de même, cela fait tâche.

Old Man the Movie, de Mikk MÄGI et Oskar LEHEMAA

Nous terminons nos recommandations avec un film un peu moins barré et plus facile à aborder que le préc- NON JE DÉCONNE voici un film estonien en stop motion qui raconte comment les paysans et les bouseux de la campagne sont drogués au lait et que si on ne trait pas les vaches elles EXPLOSENT et TUENT TOUT LE MONDE.

Le fameux Old Man du titre est le grand-père des trois protagonistes qui débarquent dans la broussaille pour les vacances. Tous ensemble ils se retrouvent en quête d’une vache disparue pour la traire car si ce n’est pas fait elle va EXPLOSER et TUER TOUT LE MONDE.

J’ai bien envie de vous raconter tout le film mais ce serait gâcher le plaisir donc je vais simplement vous donner une suite de mots non exhaustive : ours géant qui digère une ancienne gloire du rock ainsi que toute la basse cour dans son estomac, mécha-vache VS papy dans le cul d’une vache qui la contrôle tel Rémy dans Ratatouille avec les cheveux du gonze. Je n’en dirai pas plus, si vous êtes en train de mouiller vos sous-vêtements ce que vous savez que ce film est pour vous !

La sélection Contrechamp est disponible sur Annecy Online jusqu’au 30 juin.

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