Boy Erased : Sadness Therapy

Joel Edgerton est une tête connue du cinéma, même si non nom l’est un peu moins du grand public. Habitué des seconds rôles, il est passé à la réalisation depuis 2015. Boy Erased est son deuxième long-métrage et il ne réunit rien de moins que Russell Crowe et Nicole Kidman en parents du jeune Lucas Hedge.

Le genre des films tiré d’une histoire vraie, adaptant les mémoires du protagoniste principal, et avec le mot Boy dans le titre accueille donc son deuxième membre de cette début d’année, après My Beautiful Boy sorti le mois dernier. Boy Erased nous présente l’histoire de Jarred Edmonds, l’alter-ego fictionnel du journaliste Garrard Conley. Celui-ci, fils d’un pasteur ultraconservateur, comprend qu’il est homosexuel et en fait part à ses parents. Ceux-ci décident donc de l’inscrire à une thérapie pour qu’il redevienne le bon garçon hétérosexuel qu’il devrait être.

Comme le livre dont il est tiré, le principal objectif du film est de mettre la lumière sur ces thérapies qui sont encore légales dans certains des états des Etats-Unis. Vous ne saviez pas que ce genre de procédé était encore légal aux Etats-Unis ? Eh bien, j’en profite pour vous apprendre que rien ne l’interdit non plus en France, même si l’existence de ces thérapies de conversion reste heureusement très marginale. Le film a donc le mérite de nous faire découvrir cette pratique, très souvent liée à la religion bien évidemment, censée guérir les pauvres homosexuels, même mineurs, de leurs tentations impies.

Boy Erased

On suit donc de manière assez simple le parcours de ce jeune homme qui va découvrir en même temps son homosexualité et sa culpabilité. La force de Boy Erased est aussi sa principale faiblesse. Joel Edgerton semble vouloir éviter un pathos inutile qui rendrait le film trop didactique. En effet, filmer les séances qui se succèdent suffit à montrer toute l’idiotie et la cruauté de ce procédé, sans qu’il soit besoin d’en rajouter tant dans l’intrigue que dans la mise en scène. Cependant, cette simplicité voulue finit par desservir le film. Le personnage de Jarred, plus témoin qu’acteur, peine à donner de la puissance au récit. On est donc intéressé par ce que le film explique, mais jamais emporté par ce qu’il montre.

Comme dans comme dans My Beautiful Boy, la relation du héros avec son père est un des moteurs du film. Loin du père parfait qu’incarnait Steve Carell, Russell Crowe est ici un père obtus, incapable de comprendre son fils et d’admettre ses erreurs. Comme pour le reste du film, cette relation est filmée avec une sobriété bienvenue mais à travers des scènes convenues qui n’arrivent à retransmettre pleinement l’émotion que devrait susciter l’impasse de cette relation père-fils impossible.

Difficile donc, de recommander Boy Erased, même si le film est loin d’être déplaisant. Utile par son message, et réussissant à éviter les écueils du mélo, il est malheureusement rapidement oubliable.

Boy Erased de Joel Edgerton avec Lucas Hedges, Nicole Kidman

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