New York 1997 : Snake ? Snake ! Snaaaaaaaaake !

On continue notre retour sur l’œuvre de Carpenter au gré des ressorties 4K de ses films. Cette semaine, c’est New York 1997 qui revient sur le devant de la scène.

Et pour en parler, l’équipe de rédaction de Cinématraque a choisi un ingénu qui ne connaissait Snake Plissken que de nom (et je croyais qu’il était mort).

Découvrir New York 1997 en 2018, c’est une expérience à part entière. C’est avant tout, plonger dans une ambiance fascinante. Celle d’un New-York devenu prison à ciel ouvert, dans laquelle aucune loi ni aucune institution n’existe. Le spectateur est plongé dans cette jungle post-apocalyptique en même temps que Snake et découvre la crasse, la misère et la violence de cette prison-monde. La musique exceptionnelle, à la fois électrique et oppressante, de Carpenter nous accompagne parfaitement dans cet univers. Elle s’intègre tellement bien à l’intrigue que, dans un passage du film, elle s’arrête juste au moment où Snake demande à tout le monde de se calmer. Quel homme.

Quelle classe.

Mais que vient-on -y faire dans cette prison ? Et bien sauver le président, pardi. En effet, Air Force One a été piraté et le président s’est retrouvé au milieu de la fameuse prison. La confrontation du politicien avec l’horreur qu’il cautionne pour garantir le calme dans le reste du pays permet évidemment à Carpenter d’afficher tout son mépris pour la classe politique américaine. POTUS est régulièrement la cible de menaces de toutes sortes dans l’imaginaire hollywoodien mais il est rarement représenté pleutre, sans charisme ni honneur. Le contraste entre la prison créée par la classe dirigeante et tous les outils high-tech utilisés par la police renforce la sensation d’un gouffre infranchissable entre l’élite et les laissés pour compte des US of A. Difficile donc de trouver une lueur d’espoir dans New York 1997. Peut-elle venir de Snake Plissken ?

Kurt Russell incarne en effet la badasserie faite homme. Condensé de la représentation du personnage de film d’action, Snake Plissken transcende le film. Carpenter en a bien conscience en en faisant déjà au sein de son univers, un être légendaire que tout le monde connaît (mais pensait mort), une figure héroïque qui ne se laisse pas berner par les intrigues politiques et ne cherche qu’à sauver sa peau, en tapant des gens sur le passage entre deux répliques bien senties. Du costume, au timbre de voix, c’est une icône de cinéma « bigger than life » qui prend vie sous nos yeux. Le découvrir en 2018 est d’autant plus intéressant tant ce personnage est devenu culte, notamment à travers la série de jeu vidéo Metal Gear Solid, qui lui rend un hommage appuyé à travers son protagoniste principal, Solid Snake.

 Kurt Russell confirmé dans Smash Bros.

Mais si Snake incarne l’homme d’action, il est tout sauf le héros que le monde attend. Loin d’être invincible, il est souvent blessé et battu au cours du film, semblant subir la situation sans réussir à prendre le dessus. Il finit d’ailleurs le film en boitant et ce n’est pas lui qui se débarrassera du principal antagoniste. Pire, ses motivations semblent se résumer à un objectif : sa survie. Dans un film sombre et désabusé sur la société américaine, Snake est un nihiliste dégoûté par tous et n’ayant plus d’espoir. Le film se finit donc sur un constat amer qui lui donne une dimension toute particulière qui explique sa popularité aujourd’hui. Si les scènes d’action sont parfois un peu datées, et si le film ne réussit pas toujours à nous tenir en haleine, l’univers qu’il nous donne à voir continue de fasciner et vaut toujours le ticket de cinéma pour ceux qui voudraient le découvrir ou le redécouvrir.

New York 1997, de John Carpenter, avec Kurt Russel. Sorti en 1981, ressorti en 4K le 19 décembre 2018.

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