J’ai perdu 22 heures de ma vie devant La Casa de Papel

J’ai terminé la saison 2 de La Casa de Papel il y a 6 jours, 2 heures et quelques minutes (une vingtaine). Depuis, je ne comprends toujours pas pourquoi j’ai terminé cette grosse daubasse. Pourquoi je n’ai pas arrêté après 4-5 épisodes, lorsque j’ai compris qu’on s’y fichait de ma tronche.

T’es en train de regarder un gamin jouer avec ses figurines

Parce que bon, un mec qui meurt presque en fin d’épisode mais n’est finalement pas totalement mort en début d’épisode suivant et court comme un dératé deux épisodes plus tard pour sauver la vie d’un mec presque mort en fin d’épisode, ben ça va une ou deux fois, mais à la trente-sixième, tu commences à comprendre qu’on te prend pour un teubé. Non, tu comprends que t’es en train de regarder un gamin jouer avec ses figurines : c’est mignon 3 minutes, mais au bout d’un moment t’as envie de dire au petit Joachim que si son petit Playmobil blondinet se fait tirer dessus puis piétiner par son Transformer Jaune, il ne peut pas – même en boitant – rallier la ferme où son copain Babouche l’attend avec un gros gâteau bananes-chorizo. On est d’accord que la candeur d’un gamin, au début c’est mignon, mais bon, ensuite, c’est pas ça qui va remplir ta feuille d’impôts, hein ?

Donc La Casa de Papel, c’est l’histoire d’un gros gauchiste qui se met en tête de réaliser le casse du siècle, recrutant des petits voleurs dociles et les conditionnant pour qu’ils deviennent des putains de Karl Marx avec des flingues. Leur rôle, c’est de prendre d’assaut la fabrique de billets (la casa de papel, quoi, puisque je suis quasi-bilingue franco-italien), parce que bon, les banques aussi créent de la monnaie, et en faisant pareil, ils ne volent personne si ce n’est ces cons de riches.

Chaque brigand a son surnom, celui d’une capitale de pays. Les couleurs, c’était déjà pris dans un autre film.

Les premiers épisodes sont d’une efficacité redoutable. La mise en place de l’intrigue, le début de la prise d’otage, tout est réussi et vachement bien fichu. Parce que le récit se déroule en deux temps, et lorsqu’on comprend mal pourquoi les voleurs font un truc pas sensé plutôt qu’un truc sensé, ceci s’annule illico par un flashback sur les leçons de braquage livrées par celui qu’ils nomment « Le Professeur », aka la tête pensante du groupe.

Si la série avait duré cinq épisodes, ces cinq épisodes-ci, pas trop radins, bien rythmés et pleins de rebondissements DE OUF, ç’aurait sûrement été une chouette série. Mais il y a la suite, ce truc ultra addictif, qui te colle au cerveau comme un chewing-gum sous ta godasse. Petit à petit, plus rien n’est vraisemblable (je ne vais pas livrer les trucs qui ne fonctionnent pas, y en a trop et lorsque je me les remémore, je me sens sale de ne pas avoir fermé mon ordinateur pour me mettre 3-4 minutes en PLS sous ma douche froide, me laver les yeux et définitivement abandonner ce truc) ni intéressant, mais tu veux savoir COMMENT CA SE TERMINE. Parce qu’il en va de ta vie.

La série ne fonctionne en fait que par des promesses. Un peu comme une émission de Cyril Hanouna, façon « et demain, Mathieu Delormeau, vous allez vous déguiser en chips au guacamole ». C’est tellement nul aujourd’hui que tu ne peux pas ne pas attendre demain, espérant du mieux. Et au moins, toi, contrairement à ceux qui n’ont pas regardé aujourd’hui, tu sais que demain y aura un mec déguisé en chips. Dans La Casa de Papel, on te promet sans cesse un dénouement de ouf, un moment incroyable où l’inspectrice – qui s’est évidemment entichée du Professeur sans savoir QUI IL EST VRAIMENT – va enfin comprendre QUI IL EST VRAIMENT etc.

Alors tu regardes, et tu subis des manipulations dans ton cerveau, comme si t’avais 4 gros ouvriers qui s’affairaient sur ton hémisphère droit, avec du gros matos. Au marteau piqueur tu deviens soudainement empathique envers Tokyo, à la wrecking-ball tu détestes ce gros bâtard de Berlin. Tu te laisses faire, t’es en mode automatique, tu ne penses plus à rien d’autre. Parfois, tu rigoles bêtement dans un moment d’absence. Parfois tu sautes un repas. Parfois tu oublies d’aller au boulot.

Tu t’es mis en pilotage automatique depuis 15h d’épisodes, et lorsque – enfin – le dernier épisode arrive, tu regardes toutes les 3 minutes la barre de progression de celui-ci, histoire de bien vérifier qu’on va pas te la faire à l’envers comme en saison 1, que la fin sera une vraie fin.

Et la fin, évidemment, te déçoit énormément. Parce que c’est la fin la plus moisie de l’univers. Le pied de nez ultime d’un pool de scénaristes qui n’a eu de cesse de faire des high-five à chaque nouvelle idée de cliffanghers moisis (si, vous les voyez, vous aussi). Une fin de merde qui clôt une saison de merde d’une grosse série de merde que l’on va tous regarder jusqu’au bout. Merci Netflix, hein.

La Casa De Papel, créateur : Alex Pina, avec Úrsula Corberó, Álvaro Morte, Itziar Ituño. Actuellement sur Netflix.

3 thoughts on “J’ai perdu 22 heures de ma vie devant La Casa de Papel

  1. Je viens de finir de regarder cette série, et je le regrette vivement car j’ai adoré et j’aurais voulu qu’elle ne finisse jamais. Aussi j’attends avec impatience la saison 3.

  2. Entièrement d’accord. Une grosse merde faite de bouts de ficelle incohérents et désarmants de facilité scénaristique. Entre Les feux de l’amour, la télé novellas et la bouse fraichement issue du cul d’une vache.

  3. Personnellement j’ai trouvé que c’était une super bonne série, bien rythmée, avec du suspens (après chacun ses goûts gouts) et elle a été largement apprécié car ça a été la série la plus regardé sur le Netflix Français en 2018. Après une série ne peux pas satisfaire tous le monde

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