47 Meters Down, nouvel opus de la série des cons aquatiques

Au milieu des petites pépites du cinéma US indépendant qui font le sel et l’intérêt de sa sélection « compétition », le festival de Deauville nous sert chaque année son lot de « Premières » plus ou moins bien senties. Samedi, au lendemain d’un Tom Cruise movie inspiré (Barry Seal), qui a fait l’ouverture, et à une semaine du très attendu remake de Ça, l’édition 2017 proposait un petit thriller horrifique produit par les frères Weinstein sorti en juin dernier aux Etats-Unis, 47 Meters Down.

Malgré un joli succès d’estime Outre-Atlantique (près de 44 millions de dollars de recettes pour 5 millions de budget), difficile à première vue de comprendre ce qui a motivé le comité de sélection de mettre au programme une telle série B. Car 47 Meters Down est un film typique de début d’été, calibré pour les ados mais aussi pour faire passer l’envie de se baigner avant les grandes vacances aux autres. Sauf qu’en ce début septembre, il fait désormais un peu frais pour avoir envie de faire trempette en Normandie et que la moyenne d’âge des festivaliers à Deauville navigue autour des 60 ans. La nouvelle réalisation de Johannes Roberts, déjà auteur d’une série B d’horreur insignifiante l’an passé The Door, ne sortira en France que le 28 septembre et directement en e-cinema. Et en termes de film mettant en scène des créatures aquatiques, on aurait largement préféré retrouver à Deauville The Shape of Water de Guillermo del Toro. Ça, c’est dit !

Malgré son pitch – Deux sœurs en vacances au Mexique décident de plonger parmi les requins enfermés dans une cage, le cable cède, la cage et les filles se retrouvent au fond de l’océan à 47 mètres de profondeur avec moins d’une heure de réserve d’oxygène et des squales qui rodent -, 47 Meters Down n’est pas qu’un énième film de requins, ni un simple survival. Il est surtout un nouvel opus de la série des cons aquatiques. Un vrai genre à part entière. On y retrouve notamment le négligeable Dérive Mortelle (2006) où les personnages principaux, une bande d’amis en vacances sur un yacht, sont assez cons pour plonger sans déplier l’échelle. Dans l’excellent et efficace Open Water (2003), ce sont les membres d’une structure de plongée qui sont assez cons pour oublier un couple en pleine mer. Dans ce nouvel opus donc, les deux sœurs sont assez connes (désolé pour les répétitions mais vous verrez, elles sont quand même assez c….) pour se rendre au Mexique et choisir de descendre au milieu des requins dans une cage délabrée et rouillée avec aux manettes, allez savoir pourquoi, le pas très frais non plus Matthew Modine, ancienne star des années 1980-1990, extrait des profondeurs d’Hollywood pour revêtir le bandana du capitaine du chalutier qui propose l’activité de manière clandestine. La raison est encore plus idiote (on essaie d’être moins vulgaire). L’une des sœurs – la chanteuse Mandy Moore, propulsée star cette année grâce à la série « This is us » – vient de se faire larguer et sa cadette, avec qui elle est partie en vacances, lui suggère de tenter l’aventure pour ensuite envoyer des photos à son ex et lui montrer à quel point il s’est trompé ! Non mais franchement… Qu’est-ce qu’elle est c… !

47 Meters Down reste néanmoins une honnête série B d’horreur, qui apporte son lot de tension – les requins, le manque d’oxygène, les blessures… mais comment vont-elles s’en sortir ? – et de sursauts lors des habituelles scènes d’attaque. Et comme il faut bien tenir 90 minutes, les requins, plutôt réussis en CGI, prennent leur temps pour montrer les crocs. Tout juste boulottent-ils un Mexicain au passage. Ben oui, il est con lui aussi. N’écoutant que son courage ou plutôt sa connerie, il nage au secours des jeunes américaines en détresse qui ont certainement voté pour Trump aux dernières élections. Lui, il n’a vraiment rien compris. Et nous, faut qu’on arrête de parler des cons.

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