Nos intrépides aventures au Festival d’Annecy : Part Cinq

La foule est en effervescence. Forcément, la matinée s’annonce chargée niveau grosse production: jugez plutôt du programme m’sieur dames ! D’abord une présentation de Coco, en mélange de séquences terminées et de story-board animés, ce qui nous permet d’applaudir les choix de Pixar pour son casting: que des latinos pour jouer des latinos, ça fait du bien. Ensuite nous est présenté le court-métrage Lou, Lost and Found, suivi d’un making of qui retrace l’intégralité du processus créatif, y compris toutes les erreurs de parcours. Et enfin, le gros poisson: Cars 3 bien sûr !

Cars 3 : Trouver sa place

C’est évidemment le plus grand événement de la semaine, la conclusion tant attendue de la meilleure trilogie du cinéma. La foule est en délire, en effervescence en ébullition, prête à découvrir ce qui sera certainement le meilleur film de l’année !

Bon, laissez-moi être honnête un instant. Oui, c’est pas génial Cars. Mais le problème, c’est que l’on juge cette saga à l’aune des « high concepts » que Pixar a l’habitude de proposer: des jouets vivants, une maison qui vole accrochée à des ballons, des émotions anthropomorphes… Tout ça, c’est cool. Cars, par contre, en soi, c’est profondément débile. Seulement, voilà, ça n’est pas pour ça que ça ne peut pas être fun ! D’ailleurs, c’est même là une grande partie de l’intérêt: c’est débile. Alors on se détend, et l’on s’amuse, merde. Le 2 était quand même bien étrangement foutu, le premier a du charme.

le féminisme n’est pas une mode, c’est essentiel

Avec Cars 3, on quitte le monde de l’espionnage (ouf) et l’on retrouve les pistes de course, où Flash McQueen se voit chamboulé par l’arrivée de la nouvelle génération. Oui, Cars 3 est un film pour enfants qui parle de la vieillesse, et de la difficulté à trouver sa place quand on se sent dépassé. Surprenant, et agréable. Au-delà de ça, le film est sans grand panache, un peu chiant, mais heureusement toujours aussi débile. À un moment, le vil milliardaire Nathan Fillion — une voiture — présente une sorte de musée en l’honneur de Flash McQueen. La seule chose qui me passe par la tête c’est MONTREZ NOUS COMMENT IL A PRÉPARÉ TOUT CA, C’EST IMPOSSIBLE C’EST UNE VOITURE IL A PAS DE MAINS. À un moment, on a droit à des engins avec des bras (les trucs monte-charge là, je n’y connais rien en mécanique), et elles font de la musique. Avec des instruments pour humains ! C’est trop drôle. Mais au fond, cela ressemble plus à un téléfilm bien foutu que du cinéma.

La seule vraie qualité de l’œuvre, c’est qu’il ne parle pas que de vieillesse. Alors que Flash McQueen comprend qu’il est trop âgé pour continuer à tout dégommer, il rencontre une jeune coach qui elle, a toujours rêvé d’être coureuse. Seulement, la société l’en a toujours empêchée parce que c’est… une fille ! Mais oui ! Et sans déconner, les scènes sur ce sujet sont très bien réussies. L’inconscient social, qui donne la confiance aux hommes et le doute aux femmes, est très bien représenté, et c’est une belle petite claque qui fait plaisir dans un Pixar. Les mauvaises langues diront que c’est un effet de mode. Ce à quoi je réponds : tournez-là sept fois dans votre bouche avant de vous taire, le film est écrit par une femme et le féminisme n’est pas une mode, c’est essentiel.

En sortant, on fait un tour rapide au Cinéma VR, mais malheureusement, rien ne battra l’expérience qu’a été Arden’s Wake hier. Aujourd’hui, un petit film en animation minimaliste raconte l’histoire de la vie avec l’évolution de deux animaux qui s’aiment: parfois poissons, parfois mammifères, parfois cellules… C’est sympa. À côté en revanche, une salle VR accueille les gens pieds nus sur du sable, avec un caillou en main. Malheureusement, toutes les places sont réservées pour la journée et nous ne pourrons pas le faire.

Animal Crackers (Film en compétition):

OH, MON DIEU, C’EST NUL !!!

Encore mieux qu’une projection IMAX

Je n’ai pas envie de me moquer parce que c’est mal, mais mazette ce que c’est mauvais ! Donc, heu, l’histoire… si l’on simplifie — parce qu’elle n’a ni queue ni tête — . C’est un type qui bosse dans une usine de biscuits pour chien, qui reprend le cirque de ses ancêtres en utilisant des croquettes qui transforment les gens en animaux. Et là, je vous assure que j’ai énormément simplifié, parce qu’en vérité ça n’a ni queue ni tête, ni ventre, ni face, ni nez, ni rien du tout. Le casting est surprenant : mais qu’est-ce que sont venus faire Emily Blunt, John Krasinski et Sylvester Stalone là-dedans ?? L’animation n’est pas laide, mais bon, elle n’a rien de spécial, mais surtout… Excusez-moi je me répète, mais ça n’a ni queue ni tête !! Pour un film sur des animaux, c’est quand même un comble.

Un tel manque de professionnalisme est incompréhensible

Mais le pire du pire, ce sont les sous-titres. Ils étaient mauvais à tous les niveaux possibles. On va de la faute d’orthographe banale, à l’oubli de mot, au timecode visible à l’écran, aux sous-titres qui font cinq lignes et disparaissent trop tôt, et a ceux qui dépassent sur les bords… C’est ahurissant. Un tel manque de professionnalisme est incompréhensible pour un film présenté en compétition comme ça. Je vous jure, à un moment la femme du héros s’est mise à le vouvoyer pendant trois répliques pour rien du tout ! Un des protagonistes parle de lui-même à la 3e personne, et dans les sous-titres ça s’est traduit par un pluriel ! Déjà que le film est impossible à regarder quand on comprend l’anglais, en suivant la traduction cela devient une expérience de surréalisme bretonien. Vraiment, l’intégralité d’Animal Crackers est un mystère: pourquoi ce film, pourquoi en compète, pourquoi ce cast, pourquoi ce scénar, pourquoi cette trad ? Mystère et boule de gomme… Et il aurait fallu s’en servir, de la gomme. Pour effacer tout ça.

Heureusement ce soir, c’est barbecue Disney jet set sur la plage.

Renaud et Lucas font du pédalo à Annecy, prennent le café avec Guillaume Meurice et font rager les veganes au barcue Pixar. Ah oui, et sinon, parfois ils voient des films.

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