Black Movie : Chroniques Helvétiques 1

La sexualité, ou plus exactement, les sexualités était l’une des thématiques que voulait mettre en avant le Black Movie. Mais en dehors de Week End que l’on n’a pas vu et de L’Ornithologue qui abordait la question de façon assez originale, on est un peu passé à côté de la réflexion que souhaitait engager les programmateurs. Seul, au final La Region Salvajes (que l’on vous fera découvrir plus tard) pouvait vraiment correspondre aux aspirations de l’équipe du festival. Ceci dit, nous avons retenu deux films qui parlaient beaucoup de sexe, sans en montrer énormément. Yourself and Yours de Hong Sang-soo et Karaoke Crazies de Kim Sang chan. Deux films coréens qui, au final donnent plus une vision générale (le pire, comme le meilleur) de l’industrie cinématographique coréenne.

Yourself and Yours de Hong Sang-soo

L’histoire : Le peintre Young-soo apprend que sa petite amie Minjung a bu des verres avec un homme et s’est battue

On s’était quitté un peu fâché avec HSS il y a quelques années, bien que tout son travail repose sur l’impossible répétition, Un Jour avec, Un Jour Sans nous avait lassé de ce petit jeu. Sans nous avoir séduit complètement, Yourself and Yours est un Hong Sang Soo plutôt inspiré où le cinéaste et son double creusent encore un peu plus le personnage de l’intello macho, assez infect avec les femmes et au final assez pathétique. Petit tremblement du paysage chez HSS, ce n’est plus son double l’alcoolique, mais la femme désirée (et du coup devient le pendant féminin du réalisateur). Tout l’intérêt de cette nouvelle œuvre pour Hong Sang-soo est de pousser ses réflexions en sortant de sa zone de confort et taquiner un nouveau genre. Pour la première fois, en effet, le cinéaste coréen cherche à interroger la réalité et nous livre sa première incursion dans le cinéma fantastique. Les allergique du cinéaste, continuerons sans doute à le détester. Pour nous on est plutôt pour.

Avec : Kim Ju-Hyeok, Lee Yoo-Young et Hae-hyo Kwon. En salle depuis mercredi 1er fevrier 2017

Karaoke Crazies de Kim Sang chan

L’histoire : Un gérant de Karaoké croule sous les dettes, pour s’en sortir il recrute une assistante qu’il veut sérieuse et professionnelle pour divertir les clients. Malheureusement, il recrute une dépressive qui pour éviter de travailler et continuer à jouer aux jeux vidéo pratique des fellations sur ses clients. Le gérant, dépassé, recrute alors d’autres freaks.

C’était un peu le film idéal pour la détente, au sein d’une programmation très politique et pas très rigolote. Hélas, c’est la seule faute de goût de la team Black Movie. Un film ni fait, ni à faire qui en ayant un sujet intéressant (un gérant de karaoké embauche une assistante dépressive et s’entoure de freaks désocialisés pour rebooster son entreprise) ne tente a aucun moment de l’approfondir. Une mise en scène indigne des téléfilms érotiques de M6 des années 90, rythmée par des mouvements de caméra sans aucun intérêt, Karaoke Crazies s’écrase lamentablement contre le mur du glauque avec une séquence puante. Totalement obsédés par les vidéos pornos, le gérant et l’un de ses employés prendront un certain plaisir à visionner la vidéo du viol de l’assistante. Karaoke Crazies aurait pu, jusqu’à ce moment-là, être vu comme un représentant assez bas de gamme de l’humour régressif coréen. Un humour auquel on n’adhère pas vraiment, sauf s’il est subtilement dosé comme chez Bong Joon-ho. Après la séquence du viol, on se dit que Kim Sang-Chan est juste un cinéaste idiot qui ne se pose aucune question. Ce n’est pas drôle, c’est juste à vomir.

 Avec : Bang Jun-Ho, Moon-Sik Lee et Kim Na-Mi.

On a même pas trouvé la bande annonce c’est dire

Pas de dates prévues.

Après un parcours scolaire chaotique et pas mal de soirées vidéo bis , je me réfugie à l'université pour y faire grève et bouffer du film. Je m'y passionne pour la critique et l'écriture de scénario. Depuis, je m'efforce de trouver du boulot là où il est question de ciné. Après La Cinémathèque Française et UniversCiné et des collaborations aux aux Fiches du Cinéma et Culturopoing, je pris goût à l'ivresse du pouvoir, en 2012, en co-fondant Cinématraque.

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