Pour sa 18e édition, l’équipe du Black Movie s’est dit que la programmation de cette année pouvait nous intéresser. Il faut dire que les thématiques qui se dégageaient des 116 films sélectionnés rejoignaient nos propres préoccupations : l’abus de pouvoir, la corruption, la sexualité et les nouveaux talents. Chaleureusement invité par le festival nous avons débarqué à Genève, en Suisse dès les premières heures du festival pour ne repartir sur Paris que six jours après. Autant dire que nous avons couvert une grosse partie du festival et on ne le regrette pas du tout.

Chaleureusement invité par le festival nous avons débarqué à Genève

Car si nous retrouver dans le cœur de la finance un peu trouble, nous a un peu déstabiliser (à Genève seuls Cahuzac, Pénélope Fillon et Toto Riina peuvent se permettre de manger un Kebab sans avoir à redouter un coup de fil de leur banquier), on a très vite eu l’impression de se retrouver à Nuit Debout au sein du Black Movie. Le Spootnik, une des salles de projection utilisée par l’équipe du festival se trouve dans un ancien squat. Forcement, il est logé dans la seule rue animée de Genève où les tags antifascistes nous font oublier les affiches affligeantes de l’extrême droite qui sont parsemés dans toute la ville. À peine est-on entrée au Spootnik que l’on ne peut pas ne pas remarquer la présence imposante d’un ACAB sur l’une des lucarnes du bâtiment. À Cinématraque nous aussi on pense que tous les chats sont magnifiques. Dehors le balai des dealers continue, et nous l’impression d’être un peu à la maison (ah barbes).

À Cinématraque nous aussi on pense que tous les chats sont magnifiques

Le caractère alternatif de ce festival ne se limite pas au choix de l’équipe d’établir une zone d’autonomie à défendre au sein de Genève et du cinéma indépendant international. On est également logé chez l’habitant, et la communication même du festival à quelque chose d’assez radical : c’est tout de même risqué d’attirer le chaland avec un visuel qui privilégie l’obscurité, les tons sombres ou tout simplement le noir absolu. Si les affiches du festival sont parfois difficilement déchiffrables, il faut s’arrêter un instant sur le clip promotionnel que l’équipe diffuse avant chaque film : une animation quasi expérimental qui joue sur la répétition d’images cryptiques nous évoquant les derniers instants d’une ile paradisiaque avant sa destruction nucléaire : une main d’enfant ne cessant d’appuyer sur un bouton qu’on imagine déclenchant l’holocauste.

il faut s’arrêter un instant sur le clip promotionnel

Le Black Movie ne ressemble à aucun des festivals qu’on a pu fréquenter depuis nos débuts et ce n’est pas pour nous déplaire. Si nous n’avons pas vu les 116 films, nous en avons vu assez pour vous faire découvrir un large panel du cinéma indépendant et d’une certaine idée du 7e art comme outil de lutte contre toute les injustices. C’est ce qu’on vous propose de découvrir ces prochains jours.