Pilotes en série — Septembre 2015

La rentrée est passée et nous a apporté son lot de nouvelles séries. Et faisant suite à cette charge initiale, d’autres nouveautés voient le jour au fur et à mesure. Pour vous aider à faire un premier tri entre les daubes abyssales et les bonnes surprises, votre serviteur — bloqué dans ses déplacements temporels depuis quelque temps — s’est lancé dans un pari un peu fou et complètement maso : regarder tous les pilotes des nouvelles séries dont il a entendu parler. Il est donc tout à fait possible, voire certain, que certaines créations télévisuelles seront oubliées en route. De même, seule une dizaine de séries par mois, maximum, auront le droit à quelques lignes dans des papiers de ce genre ; le reste ne sera que mentionné en bas de page.

Intéressons-nous à la sélection du mois de Septembre.

The Bastard Executioner

créée par Kurt Sutter, diffusée sur FX (États-Unis) depuis le 15 Septembre

Le pitch : Au XIVème siècle, au Pays de Galles, un chevalier laissé pour mort et menant à présent une paisible vie de famille doit reprendre les armes.

La mini-critique : Si vous vous êtes un jour demandé ce que donnerait Robin des Bois version Sons of Anarchy, vous ne serez pas déçu du résultat concocté par Kurt Sutter (The Shield et Sons of Anarchy), qui nous sert ici ses ficelles habituelles : un rôle de défiguré un brin étrange pour lui-même, un rôle de premier ordre pour sa femme (Katey Sagal), de la violence, du sang et un groupe d’outlaws qui ne tarderont sans doute pas à se donner du « brother » à tout va. Mais il y a dans tout cela un air de déjà-vu (par exemple : le générique à la HBO et les passages improbables au noir et blanc avant la coupure pub si chers à NCIS) et une certaine lassitude se fait sentir lors du visionnage de ce double épisode pilote, qui mêle religion, superstition et rébellion dans un gloubiboulga indigeste.

Le verdict : A la rigueur.

The Bastard Executioner

Minority Report

développée par Max Borenstein, diffusée sur la Fox (États-Unis) depuis le 21 Septembre

Le pitch : En 2065, soit 11 ans après l’arrêt du programme Precrime, une flic fait équipe avec un precog et utilise les visions qui assaillent celui-ci pour empêcher des crimes de se produire.

La mini-critique : Suite du film de Steven Spielberg, sorti en 2002, la série n’en a malheureusement pas l’étoffe et n’est qu’un autre procedural tentant de se démarquer grâce à un côté SF. La chaîne aurait été plus inspirée de proposer une seconde saison à la mal-aimée Almost Human, qui avait au moins le mérite d’être une création originale. Et mis à part quelques clins d’œil assez intéressants (mention spéciale à la pub pour la 75ème saison des Simpsons, elle aussi diffusée sur la Fox), la série ne propose que du déjà-vu et met au placard l’ambiguïté morale qui faisait le propos de son aîné.

Le verdict : A oublier.

Minority Report

Limitless

développée par Craig Sweeny, diffusée sur CBS (États-Unis) depuis le 22 Septembre

Le pitch : Un looser découvre une drogue qui lui donne accès à tous les neurones de son cerveau et lui permet de devenir l’homme le plus intelligent du monde le temps de venir en aide à une enquêtrice du FBI.

La mini-critique : Si pendant les premières minutes du pilote, on a l’impression de voir un remake du film dont la série est tirée (même construction, mêmes effets de mise en scène, même tendance à miser sur l’humour), on découvre bien vite qu’elle en est en fait la suite. Bradley Cooper, également producteur, y reprend même son rôle d’Eddie Morra le temps d’une courte apparition. Mais à l’image de la plupart des nouveautés, la série ne propose justement rien de bien neuf et nous sert, entre autres, un énième unlikely partnership. Bref, du vu et revu que les amateurs du film apprécieront peut-être.

Le verdict : Dispensable.

Limitless

The Muppets

créée par Bill Prady & Bob Kushell, diffusée sur ABC (États-Unis) depuis le 22 Septembre

Le pitch : La vie professionnelle et privée des Muppets, alors qu’ils travaillent tous à la production d’un talk show dont la star n’est autre que Miss Piggy.

La mini-critique : Mélange de The Office et de 30 Rock, The Muppets est de loin la meilleure série comique de cet automne, voire de l’année. L’idée de base est bien trouvée, les situations improbables et les dialogues savoureux. Que demander de plus ?

Le verdict : A voir sans modération.

The Muppets

Scream Queens

créée par Ryan Murphy, Brad Falchuk & Ian Brennan, diffusée sur Fox (États-Unis) depuis le 22 Septembre

Le pitch : Les membres de la sororité Kappa Kappa Tau sont les cibles d’un tueur masqué et doivent élucider un meurtre vieux de vingt ans.

La mini-critique : Sans doute née de la volonté de Ryan Murphy et Brad Falchuk de créer une American Horror Story pour tous publics, la série affirme sa volonté d’être une parodie loufoque et offre quelques bons moment d’humour noir. Pour celles et ceux qui souhaitent frissonner, rigoler et voir un casting qui s’en donne à cœur joie, Scream Queens remplira son contrat.

Le verdict : A essayer.

Scream Queens

Heroes Reborn

créée par Tim Kring, diffusée sur NBC (États-Unis) depuis le 24 Septembre

Le pitch : Un groupe d’individus aux pouvoirs exceptionnels s’allient pour sauver le monde.

La mini-critique : Cette mini-série était attendue au tournant, tant le phénomène Heroes avait fasciné lors de sa première année avant de virer progressivement au grand n’importe quoi. Tim Kring, le créateur, avait d’ailleurs précisé que Heroes Reborn tenterait de renouer avec ce qui avait fait le succès la première saison de sa grande sœur. Le pari est assez réussi mais on peut se demander si NBC souhaite attirer de nouveaux téléspectateurs ou juste faire plaisir aux fans : les personnages sont nombreux et l’intrigue (trop ?) complexe.

Le verdict : Pour les fans.

Heroes Reborn

Quantico

créée par Joshua Safran, diffusée sur ABC (États-Unis) depuis le 27 Septembre

Le pitch : Alex Parrish, agent du FBI, est suspectée d’être à l’origine d’une attaque terroriste et doit fouiller dans les souvenirs de son passage à l’Académie pour prouver son innocence.

La mini-critique : Le pilote démarre sur un ressort scénaristique énervant : montrer un événement important pour revenir ensuite à « neuf mois plus tôt ». Le reste de l’épisode alterne donc entre le passé et le présent, l’un étant censé éclairer l’autre. Et puisque le modèle de How To Get Away With Murder a si bien marché, pourquoi se priver de le reproduire ? Entre complots, personnages fades et retournements de situations, le tout est indigeste.

Le verdict : A oublier.

Quantico

The Grinder

créée par Jarrad Paul & Andrew Mogel, diffusée sur la Fox (États-Unis) depuis le 29 Septembre

Le pitch : Un acteur s’appuie sur son expérience dans le rôle d’un brillant avocat pour rejoindre la firme de sa famille.

La mini-critique : La Fox a décidé de présenter le même soir deux séries qui traitent, au fond, du même thème : la crise de la cinquantaine de deux hommes blancs et fortunés. Si Grandfathered est plus que dispensable, The Grinder a le gros avantage d’offrir à Rob Lowe un rôle qui lui va comme un gant, et donc de faire rire et d’accrocher le spectateur. Si vous êtes en quête d’une nouvelle sitcom familiale, ne cherchez pas plus loin.

Le verdict : A essayer.

The Grinder

You, Me and the Apocalypse

créée par Iain Hollands, diffusée sur Sky 1 (Royaume-Uni) depuis le 30 Septembre

Le pitch : Alors qu’une comète fonce vers la Terre et que rien ne peut empêcher la fin du monde, différents individus doivent apprendre à survivre ensemble.

La mini-critique : Cette coproduction américaine et britannique bénéficie d’un excellent casting et donne presque envie que The Grinder se plante, car le personnage de Rob Lowe mérite plus de temps à l’écran. Comédie à l’humour so british, le pilote dévoile parfois un certain sérieux sous son côté décalé, et présente un intéressant début de réflexion sur la foi. C’est, tout simplement, l’une des seules nouvelles séries qui donne envie d’en voir la suite.

Le verdict : A voir.

You, Me and the Apocalypse

Les autres séries du mois de Septembre : Blindspot (ou comment surfer sur le succès de The Blacklist et être déjà renouvelée pour une saison 2), Life in Pieces, Grandfathered, The Player, Rosewood, 800 Words, Blood & Oil et Code Black (si Urgences vous manque).

Élevé au rock 'n' roll, à Tex Avery, à Calvin & Hobbes et j'en passe, je mets à profit un Tardis retapé par mes soins pour aller glaner dans le futur quelques infos primordiales sur le septième art. Et parfois dans le passé, aussi. J'ai également un Master ès Nanars et Flims en mousse. Je travaille aussi sur une thèse intitulée "Xena: The Rainbow Warrior Princess" et qui vise à décrypter la manière dont sont abordés les thèmes de l'homosexualité et de l'écologie dans "Xena : Princesse Guerrière". No shit, Sherlock.

1 Comment

  • Répondre février 19, 2016

    Tajir

    Oh superbe, j’y rovteure vraiment tout, aussi bien les mythes que les expertises qui les contredisent. C’est essentiel d’avoir un point de de9part dans le temps pour chaque information afin de voir ce qui est factuel de ce qui est brode9 apre8s.

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