Philosophy of a Knife

Nos notes

Un préambule s’impose. Philosophy of a Knife est un film bien connu des adorateurs de trucs irregardables, et pour cause. En plus de la violence de ses images, il a la particularité de durer 4h08, et d’être un film russe en noir et blanc. Il s’est donc agi de trouver le rédacteur idoine. Jérôme, en grand fan de Bela Tarr, était le seul à pouvoir tenir le coup. S’il tenait le coup, chaque rédacteur lui devait une bière. Alors, Jérôme ?

Comment en quelques mots vous passer l’envie de voir Philosophy of Knife ? Bon, même si le plus simple serait de dire que c’est russe, en noir et blanc et que ça dure 4h08, je synthétiserais ainsi : c’est mille fois plus long qu’un film de Béla Tarr et moins effrayant que Shoah.

Le contexte du film ? L’unité 731. Lieu d’expérimentations japonaises lors des années 30 sur les populations chinoises, russes et les prisonniers de guerre.

Trash pour les oreilles mais d'un ennui certain pour les yeux...

Longtemps planqué, censuré ou juste interdit, le film est à la fois un amas et une source de théories complotistes en tous genre. Andrey Iskanov, semblant être doté d’à peu près le même souci des archives qu’un journaliste d’investigation d’M6, agrémente ses images (moches) d’une voix off continuelle pour tout raconter en mode confidences-pour-de-vrai « ce que personne ne sait ». On croirait une vidéo de Youtubeurs rendant compte du « grand mensonge du 11 septemble ».

A côté des images d’archives à deux balles, des reconstitutions de tortures infligées aux prisonniers en noir et blanc.

Trash pour les oreilles mais d’un ennui certain pour les yeux… Il faudrait expliquer au réalisateur que son rouge devient gris neutre lorsqu’il le filme en noir et blanc. L’on cherche toujours un semblant de trouble, un semblant de sang, un semblant d’intérêt.

Je n’ai finalement pas tenu plus d’une heure. Tant pis pour la bière, la vie est trop courte. 

De fait, le texte est extrêmement court. Alors je vous propose cette acrostiche rédigée pendant que je m’ennuyais devant ces images idiotes :

iksanov
Lui, c'est le réalisateur...

Paisible

Holocauste

Introduite

Lors d’une

Oblitération

Sensorielle et

Obscure

Pour

Habitués aux

Yersinioses*

Objectant

Face à un

Abominable

Karaoké de

Naturistes

Immunisés aux

Fables d’

Eau de Javel

* Maladie infectieuse causée par les bactéries de type Yersinia qui vivent dans les intestins des animaux et de l’homme. Les symptômes de cette maladie sont des douleurs abdominales, de la fièvre, des nausées, des vomissements et de la diarrhée.

Pour celles et ceux qui souhaiteraient malgré nos avertissements voir une bande-annonce (qui elle aussi est méga-longue)…

Verdict ?

Cinéaste, il travaille activement sur la question de la mémoire ouvrière. Depuis 2004, il a réalisé un court-métrage de fiction, Fermeture, dans lequel il interroge le devenir des ouvriers. Petit-fils d’ouvriers, il est revenu à Billancourt pour parler de l’usine Renault dans une série de documentaires. Il a réalisé de nombreux clips musicaux, des films d’essai sur l’urbanisme, des reportages web…

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