Loin de la foule déchaînée, Bridget Jones a mis un corset

Nos notes

Je ne sais pas vous mais personnellement, pas grand-chose ne m’attire plus qu’une histoire d’amour dans la campagne anglaise du XIXème siècle. Les robes corsetées, la pluie, se faire poliment courtiser au milieu des champs, à l’ère de Tinder et du gel hydroalcoolique, c’est un peu le fantasme ultime. Tout ça pour dire que lorsqu’on m’a proposé de voir le dernier film de Thomas Vinterberg, dont j’avais adoré La Chasse, qui se trouve être l’adaptation d’un roman de Thomas Hardy datant de 1874, je me suis dit « BANCO ! » (expression datant également de 1874).

Loin de la foule déchaînée, est donc l’histoire de Bathseba (Scrabble mot compte triple) Everdene, jeune femme indépendante qui hérite d’une ferme et de trois mecs qui veulent la pecho au passage – Karine Lemarchand approves this message.

Premier problème : tu crois que la go est une féministe avant l’heure, genre le mariage c’est pas pour moi, je suis auto-entrepreneur, je vais faire de la thune en vendant le lait de mes vaches à Candia ? Que nenni. Elle succombe au premier beau brun qui sait manier son sabre (vous avez vraiment l’esprit mal placé) alors qu’elle a un berger hipster à ses pieds – Matthias Schoenaerts, qui m’a fait regretter d’avoir traversé un océan pour habiter dans le pays natal de Ryan Gosling alors qu’il y avait sa version francophone à 2h de Thalys de chez moi. Bref, t’es super contente de voir que la meuf a pas attendu Simone Veil pour avoir des tripes, et puis en fait elle devient Bridget Jones à 45 minutes de film. Lourde déception.

Deuxième problème : on a enfin trouvé d’où les scénaristes de « Plus Belle la vie » trouvaient leur inspiration, c’était dans ce roman. Trois demandes en mariage, un mec mort mais en fait non, une profanation de tombe, un crime passionnel, un incendie, un suicide collectif d’animaux ? Oui oui et oui. Un peu plus et il y avait autant de rebondissements que de fois où t’as envie de te tirer une balle devant un film de Malick (là je viens de perdre la dernière moitié des cinéphiles qui avait encore le courage de lire cette critique.)

À ce stade-là je pense qu’il n’est plus utile de vous faire un dessin, je ne vous encourage pas à vous précipiter en salles. Oui, le nez de Carey Mulligan est parfait, oui, Matthias est trop un beau gosse, oui, la lumière est magnifique, mais tout cela ne vaut pas deux heures de votre temps. Si vous voulez voir une nana vous faire galérer (et inversement), regardez vos textos, ça coûte moins cher et ça durera plus longtemps. Sans rancune Thomas, refais-nous un film où Mads Mikkelsen apparaît nu et on sera quittes.

Loin de la foule déchaînée, de Thomas Vinterberg. Avec Carey Mulligan, Matthias Schoenaerts, Michael Sheen. 1h59. En salles.

Verdict ?

Fière représentante de Cinématraque à Montréal.

Je vous ai déjà parlé de Ryan Gosling ?

2 Comments

  • Répondre juin 12, 2015

    UnMecUnPeuVexé

    Je me disais bien que j’avais trop laissé paraitre la jeune fille en fleur en moi en aimant ce film. Mais bon elle est quand meme cool la scène où ils se font un bisou à la fin non ?

    Excellente critique merci !

    • Répondre juin 13, 2015

      Pauline Gérard

      Haha pourquoi « un peu vexé » ?
      Oui ce baiser-là est très mignon 😉
      Merci pour ton com en tout cas, on en voudrait plus des comme ça!!

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