[L’image de l’année] Matthew McConaughey brandissant son Oscar

Étrangement, cette année, peu de films m’ont marqué à l’échelle d’une image seule. Un plan, une séquence, mais pas une image. Alors je choisis de retenir cette image de l’acteur de l’année parce qu’elle me semble représenter dans toute sa splendeur ce qu’est devenue la créature McConaughey depuis sa mue spectaculaire. Revanchard, réinventé, réincarné. Brandissant fièrement son Oscar comme on brandit un crucifix pour exorciser dix ans de romcoms moisies.

Omniprésent et surparodié, McConaughey donne l’impression de ne plus jouer, de ne plus qu’être. Traversant sa nouvelle filmographie comme un ectoplasme, un être fuyant et halluciné, McConaughey joue le drogué, le poète, le philosophe et l’homme du peuple à la fois avec l’impression que l’oeuvre se modèle plus autour de lui qu’il ne la modèle. Toujours un peu dans le passé et déjà un peu dans l’avenir, toujours à la frontière du fictif et du réel, du transcendant et de l’incarné. Les pieds dans la boue et la tête dans les nuages.

L’image résume ce qu’est devenue la persona McConaughey, qui tient son Oscar comme on tient une bouteille de bière (Lone Star de préférence ?) ou comme on décroche un uppercut. On adore Woody Harrelson ou Jared Leto, mais on n’admire que lui, brillant dans l’obscurité du blanc virginal du « born again » actor. Hollywood n’aime rien mieux que les histoires de rédemption et celle de Matthew McConaughey, l’une des plus flamboyantes de toutes, a atteint son apogée cette année. Alright, alright, alright.

Hubert Bonisseur de la Bath de la critique française, ma plume a la finesse d’un klug aux marrons de Monsieur Preskovic. J’aime Bill Murray plus que de raison. Par contre, j’aime pas trop les voleurs et les fils de pute. Je suis là parce que je connais l’ouvreuse. J’officie aussi sur le site de Première parce que ça sonne bien sur un CV.

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