Starry Eyes, l’enfer des castings

Nos notes

Comme tant d’autres jeunes aux rêves de gloires, Sarah Walker vivote à Los Angeles, enchaînant auditions vaines et job alimentaire dans un fast-food. Au quotidien, elle subit la pression d’un entourage amical qui ne lui veut pas toujours que du bien, et doit supporter son patron, constamment sur son dos. Tentant sa chance, sans trop y croire, elle postule pour un rôle dans The Silver Scream. A priori, c’est un simple projet de film d’horreur. Mais lors du casting, Sarah découvre que les exigences sont élevées et que l’on attend bien davantage d’elle.

Sous l’influence de la French Horror

Kelvin Kolsch et Dennis Widmeyer ont eu l’idée de Starry Eyes alors qu’ils travaillaient chacun sur d’autres projets. Interloqués par la pression psychologique à laquelle les aspirants à la gloire sont soumis de casting en casting, ils en sont venus à créer le personnage de Sarah Walker, embarquée dans un voyage cauchemardesque dans la machine à rêves. Le duo de réalisateurs dit être influencé par la French Horror (Haute Tension, A l’intérieur…). Une inspiration qui apparaît, davantage de manière subliminale que de façon explicite, dans une silhouette, quelques plans gores tranchants ou, plus clairement, dans son imagerie d’héroïne tourmentée et sacrificielle (là, on songe à Martyrs). On pense aussi inévitablement à ces films mêlant sentiment d’oppression, paranoïa, perceptions perturbées et rites satanistes (L’Alliance invisible, The Wicker Man, ou le plus récent The House of the Devil…). Autant de références qui accompagnent le glissement progressif de l’héroïne dans un délire macabre.

Gerbes et couronne

La remarquable Alexandra Essoe, aux faux-airs de Keira Knightley, opère ainsi une stupéfiante mue qui voit la jeune ingénue se métamorphoser en monstre de gloire. La critique du cynisme du système hollywoodien, qui manipule et broie les âmes innocentes, n’est pas nouvelle, mais le propos métaphorique est servi ici avec une belle générosité gore. Starry Eyes prend le temps de créer une atmosphère flottante et malsaine pour finir en feu d’artifice sanglant. Des gerbes d’hémoglobine, et une couronne pour la star.

Film présenté en première française au PIFFF 2014.

Starry Eyes, Kelvin Kolsch et Dennis Widmeyer avec Alexandra Essoe, Amanda Fuller, Noah Segan, Etats-Unis, 1h38.

Verdict ?

Je suis cinéphage, avec un appétit particulier pour les films de genre. Je fais rarement la fine bouche, je ne dis pas « je n’aime pas » tant que je n’ai pas goûté, et je peux même me régaler de films que beaucoup trouveront indigestes. Mon péché mignon : le cinéma horrifique italien. Mes recettes préférées : celles du chef Dario Argento. Et quand je ne m’attable pas devant un film, je suis journaliste.

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