New York Melody, en avant (avec) la musique !

Nos notes

Gretta et Dave s’étaient installés à New York en espérant vivre de leur musique. Mais une attachée de presse et la gloire naissante du chanteur ont eu raison de leur couple. Alors que Gretta s’apprête à repartir pour Londres, Dan, un producteur qui traverse une mauvaise passe, l’entend chanter dans un pub.

On connaît presque la chanson : des personnages en pleine crise personnelle doivent prendre un nouveau départ (d’où le titre original, Begin Again, soit « on reprend », une formule s’appliquant aussi bien à l’existence qu’à un morceau que l’on répète), et surmonteront les épreuves grâce à la musique. Mais John Carney – réalisateur de Once, succès indie surprise en 2007 – apporte suffisamment de variations à cette partition pour lui éviter de ronronner. Tout en décochant quelques flèches envers l’industrie musicale, dont il moque le formatage et les tambouilles marketing, il suit ses deux héros aux cœurs bien amochés dans leur projet un peu fou (du moins, selon les standards des majors américaines) consistant à enregistrer un album dans des lieux plus (Central Park) ou moins (une ruelle anonyme) emblématiques de New York, en prise de son direct, sans que les pistes soient retravaillées et « nettoyées » ensuite en studio. Une manière de concilier créativité et originalité avec le peu de moyens à leur disposition.

Cet éloge de la débrouille présente cependant un peu trop naïvement le recours au système D comme la preuve de la sincérité absolue de la démarche de Dan et Gretta en opposition avec le calcul des maisons de disques (cyniquement, la bande originale de long métrage est vendue au tarif habituel alors que, dans le film, l’idée est de commercialiser l’album pour un dollar symbolique) et le prétendu manque de spontanéité des artistes dits « commerciaux » (voir comment est égratigné Dave, incarné par Adam Levine, le chanteur de Maroon 5). Mais l’alchimie entre Keira Knightley (qui interprète une Gretta attachante, si bien que nombre de haters reverront sans doute leur jugement sur l’actrice) et Mark Ruffalo (Dan) fonctionne parfaitement, d’autant plus que le duo est entouré de seconds rôles solides (James Corden, Hailee Steinfeld, Catherine Keener…) n’étant pas relégués au rang de simples faire-valoir. Feel-Good movie assumé, New York Melody porte un discours optimiste, affirmant qu’il est possible d’affronter l’adversité en faisant preuve d’entêtement et en croyant en ses propres qualités et capacités. Un refrain bienveillant qui peut paraître candide mais qui, rythmé par une BO séduisante et porté par la cinégénie de la Grosse Pomme, se laisse écouter et regarder plaisamment au milieu de l’été.

New York Melody, John Carney, avec Keira Knightley, Mark Ruffalo, Adam Levine, Etats-Unis, 1h44.

Verdict ?

Je suis cinéphage, avec un appétit particulier pour les films de genre. Je fais rarement la fine bouche, je ne dis pas « je n’aime pas » tant que je n’ai pas goûté, et je peux même me régaler de films que beaucoup trouveront indigestes. Mon péché mignon : le cinéma horrifique italien. Mes recettes préférées : celles du chef Dario Argento. Et quand je ne m’attable pas devant un film, je suis journaliste.

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