Mon premier Cannes – Toutes premières fois

Hier c’était la première journée de mon premier Festival de Cannes. Hier c’était beaucoup de premières fois en fait.

La première fois qu’un Indien rote dans mon train

Mon wagon de TGV est plein et personne ne parle français. Devant moi des Anglais retraités se préparent à leur trip « French Riviera ». À côté, des Indiens en chaussettes mangent des trucs chelous (et rotent, donc) au-dessus de leurs sacs Vuitton. Derrière moi un couple de Chinois ajuste leurs bobs (cliché mais je vous jure que c’est vrai, hashtag no racist).
Il s’avèrera par la suite que c’était finalement un bon condensé de ce qu’on retrouve sur la Croisette, métrosexuels autobronzés et Russes à moitié à poil en moins. Y’a pas trop de mecs qui rotent tout fort non plus. Pas encore vu en tout cas.

La première fois où j’ai donné de ma personne pour voir un film pas très bon

Récupérée à la gare par deux festivaliers confirmés (bisous Jonathan et Laure), je suis propulsée sans transition devant le Palais, sous la pluie, une fiche petits carreaux (les détails c’est important) à la main pour rentrer dans une projo de la sélection officielle, Foxcatcher – un mix entre Ma Vie avec Liberace et The Wrestler, où la subtilité est inversement proportionnelle à la couche de maquillage de Steve Carrell.

VERSION OFFICIELLE : Mon super dessin de renard (visible ici) associé à mon charme magnétique me procurent une invitation en moins de cinq minutes.

VERSION OFFICIEUSE : J’ai dû répondre à une interview d’une télé étudiante pour que le mec me file une invit, sans préciser qu’elle n’était valable que si quelqu’un de badgé m’accompagnait. Oui, parce qu’à Cannes si tu n’as pas de badge, tu n’es rien, et même si t’en as un, il se trouvera toujours quelqu’un pour avoir un badge plus VIP que le tien. Mais ça, évidemment, je ne le savais pas encore.

Ensuite tout s’est passé en 5 minutes : j’arrive devant les vigiles / je n’ai pas de badge / je me décompose / une Américaine jambes nues sous le déluge me fait rentrer / je fais un selfie sur le red carpet vide / le deuxième cordon de vigiles me fait croire que mon invit n’est plus valable / je me roule par terre / ils se foutent de moi / je passe / le dernier vigile me drague au lieu de fouiller mon sac / je lui fais la bise pour qu’il me laisse partir / le tout avec ce pauvre Dzibz au téléphone / je rentre dans la salle / je respire un grand coup / je mate mon premier film cannois avec une gay alert niveau maximum, mais peut-il en être autrement d’un film avec Channing Tatum ? C’est un autre débat.

La première fois que j’étais un peu clodo à Cannes

J’ai zoné près du tapis rouge, j’ai zoné sur la promenade, j’ai zoné assise par terre devant un magasin de luxe, j’ai (beaucoup) bitché sur les tenues des uns et autres, j’ai vu le mec le plus orange du monde (sûrement une wannabe égérie L’Oréal Paris), j’ai vu une nana qui arrivait à être nue en étant habillée, j’ai vu Antoine de Caunes de loin, j’ai vu des gens grimper sur des escabeaux pour voir Antoine de Caunes toujours de loin, j’ai mangé chez un libanais plus désagréable qu’un serveur du Flore.

La première fois que j’ai refusé une soirée cannoise

20h-22h, c’est le moment où j’ai enchaîné deux films de la Semaine de la Critique (The Tindergarden – je ne sais plus si c’est la bonne orthographe (ton relecteur a exprès laissé cette remarque, tout hilare qu’il était) – et When Animals Dream) et où j’étais tellement fatiguée pendant le second alors même que c’était le meilleur film de la journée que j’ai refusé une invit pour une soirée. Ce doux sentiment de commettre un péché mortel contre toi-même.
Faire la queue deux fois de suite m’a permis de remarquer que beaucoup avaient un sac bandoulière vernis blanc frappé du logo du festival. Conclusion : il n’y a tellement rien de gratuit à Cannes que les gens seront fiers d’arborer un sac immonde.

La première fois où je suis quand même allée à une soirée cannoise

A Cannes il faut être prêt à tout, même à être invité à une soirée à 1h le moins le quart. De la soirée open bar où nous avons été gracieusement invités il ne restait que le nom, les cinéphiles n’en étant visiblement pas moins alcooliques, mais j’ai eu la joie de déambuler au Nikki Beach en jean-baskets au milieu de nanas sapées comme à la Fashion Week biélorusse, et ça, tout le monde ne pourra pas en dire autant. Une vodka-tonic pour 4 plus tard, je sombre sans regrets, prête à stalker Ryan Gosling le lendemain. Mais ça, c’est une autre histoire.

Fière représentante de Cinématraque à Montréal.

Je vous ai déjà parlé de Ryan Gosling ?

3 Comments

  • Répondre mai 21, 2014

    Blackboy

    Bravo, je souhaite en lire beaucoup dans ce style. Revenant de Cannes c’est une bonne synthèse du milieu !!! Les resto sympas et pas chers sont dans la vieille ville en allant vers le Suquet !

  • Répondre mai 20, 2014

    Sherlo

    J’attends avec impatience les autres billets 😉

  • Répondre mai 20, 2014

    sosmart

    Très drôle et incisif… bravo

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