X-Men : Days of Future Past, le temps des mutants

Nos notes

La sortie du dernier opus de la saga des X-Men était attendue avec une excitation certaine. Après le décevant X-Men Origins : Wolverine en 2010, X-Men : Le Commencement avait su redorer le blason de la franchise, notamment grâce à la présence de James Mac Avoy et Michael Fassbender qui avaient apporté du sang neuf à la série. On assistait à la naissance des figures de Charles Xavier (Professeur X) et Magnéto, soit, dans l’esprit originel des comics publiés par Marvel dans les années 1960, les avatars de Martin Luther King et Malcolm X.

Car, au-delà du caractère purement récréatif d’une histoire de mutants, les X-Men portent en germe une réflexion sur notre temps : la ségrégation, le rapport à la violence, l’intégration des minorités. C’est ce qui permet à leurs adaptations cinématographiques, dans les épisodes les plus réussis, de repousser la frontière réductrice du film de super-héros, au public bien ciblé et aux enjeux souvent trop manichéens, pour se situer à un niveau de lecture plus subtil, tout en provoquant chez le spectateur le plaisir immédiat d’un pur film de divertissement.

 X-Men : Days of Future Past se situe bien dans cette veine : dans un futur apocalyptique, Charles Xavier (Patrick Stewart) et Magnéto (Ian McKellen) sont alliés contre les Sentinelles, robots surpuissants créés par l’homme, qui menacent d’extinction mutants et humains. Ils envoient alors Wolverine (Hugh Jackman) dans le passé (ou plutôt sa conscience, transférée dans son corps de l’époque), afin d’empêcher l’acte originel ayant conduit à la création des Sentinelles : l’assassinat par Mystique de Bolivar Trask (Peter Dinklage, rescapé de Game of Thrones), figure du complexe militaro-industriel américain qui cherche à armer l’humanité pour faire face à la menace mutante. Wolverine va donc devoir convaincre les jeunes Professeur X (James Mc Avoy) et Magnéto (Michael Fassbender), alors ennemis, de la nécessité de changer le cours des évènements.

Porté par un casting d’enfer, doté d’un scénario efficace, Days of Future Past est d’abord un film d’action bien rythmé et visuellement convaincant, avec de belles trouvailles de mise en scène. Les premières séquences de combat multi-dimensionnel dans un futur apocalyptique sont particulièrement bluffantes. Et c’est aussi souvent très drôle : il faut voir comment Vif Argent, doté d’une vélocité hors du commun, terrasse les gardes de la prison de laquelle s’échappe Magnéto dans une séquence loufoque et décalée.

Mais au delà de ce concentré d’action, un motif habite le film de façon insidieuse : la souffrance. Cette souffrance, c’est celle de Charles Xavier, submergé par la puissance des voix qui viennent le hanter, mais qui par devoir leur sacrifie l’usage de ses jambes. En terme d’incarnation, James Mc Avoy est doté d’une intensité émotionnelle particulièrement convaincante. C’est également la souffrance du Fauve et de Mystique, dont l’apparence monstrueuse les relègue au statut de bêtes de foire. Mais c’est surtout celle de Wolverine, maintes fois torturé, mutilé, brisé dans sa conscience malgré son corps intact. Et en guise de remerciement, c’est lui qui sera condamné à garder seul la mémoire d’un monde détruit par l’humanité. Un fardeau qui dote le film une profondeur certaine.

Cet opus, qui marque le retour de Bryan Singer aux commandes, fonctionne ainsi comme une somme qui tient toutes ses promesses, clé de voûte entre la série des X-Men des années 2000 et son prequel réalisé en 2011 par Matthew Vaughn. Un seul regret, peut être : l’absence de véritable enjeu quand à l’issue finale des évènements, qui bride un peu les émotions et le suspense. Mais ne boudons pas notre plaisir. Dans la veine prolifique des films de supers-héros, Days of Future Past se situe dans une autre dimension.

X-Men: Days of Future past,  un film de Bryan Singer avec Hugh Jackman, Michael Fassbender, James McAvoy, Jennifer Lawrence, Patrick Stewart, Halle Berry, Helen Page, Peter Dinklage, Omar Sy, Anna Paquin, 2012. Sortie le 21 Mai 2014.

Verdict ?

Cinéphile éclectique, surtout quand il s’agit de cinéma américain (voire anglo-saxon à la limite).

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