Hors compet’, un navet amusant : ça s’appelle The Salvation

Noyé dans son programme de projections calibrées, le festivalier cannois trace sa route en se contentant d’espérer échapper au grain de sable dans l’engrenage. Vendredi matin, au sortir de Captives, mon agenda indiquait « magne-toi de filer salle Bazin pour voir le film d’Amalric (fais quand même attention en descendant l’escalier) ».

Le premier enseignement que m’a apporté ma matinée cannoise, c’est qu’il faut toujours lire ce qu’il y a d’écrit dans des parenthèses.

J’ai couru, couru, et suis arrivé devant une file d’attente bien trop longue pour que je puisse ne serait-ce qu’espérer choper le dernier siège de la salle, celui où l’on ne voit qu’un quart de l’écran. C’était un fait, l’auteur de Tournée avait déplacé les foules.

Paniqué, j’ai sorti mon programme en tremblant, et j’ai cherché à pallier mon énorme déconvenue. Il me fallait un film, sinon ça décalait tout : j’aurais été obligé d’aller taper un texte, chose prévue à 14h, ou bien d’aller faire une sieste (16h). The Salvation était ma seule alternative.

Je suis arrivé vierge de tout, ne sachant même pas de quoi ça allait parler, risquant ainsi (les risques du métier) de tomber sur un film polonais de 4h20. Je me suis donc dépêché de chiper un siège avec possibilité de sortie en scred. Mais je suis finalement resté tout le film.

The Salvation, c’est l’histoire d’un Danois vénère (donc Mads Mikkelsen) au far-west. Il y a aussi Eva Green et Eric Cantona. Si, je vous jure.

Le film ressemble à un western-spaghetti-plaisir-coupable à la Lee Van Cleef, passé au filtre Instagram dégueulasse : ça fait vachement mal aux yeux. Sur fond de plein d’histoires de vengeances dont on se fout pas mal, des mecs couillus se tapent sur la gueule et jouent du flingue pour protéger tous les gens qui leur sont chers. C’est du western qui tâche, sans aucun talent à la réalisation, mais avec Mads, capable à lui tout seul de faire passer un film promis aux sous-sols du marché du film à une hallucinante sélection hors-compétition.

J’ai loupé La Chambre Bleue de Mathieu Amalric au profit d’un mauvais film qui passera d’ici un an toutes les semaines sur NT1, mais je ne regrette rien : c’est pas si fréquent de voir de gros navets à Cannes.

The Salvation, de Kristian Levring avec Mads Mikkelsen et Eva Green – Sortie le 5 novembre 2014

(Dzibz n’étant pas mon vrai prénom)
Red’chef ici, extrêmement sévère avec les autres, mais pas du tout avec moi, hashtag YOLO.

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