[L’image de l’année] Le dernier plan de The Immigrant

S’il fallait garder de 2013 une image, un plan, un photogramme : les rédacteurs de Cinématraque se prêtent à l’exercice.

Comment ne pas raconter la fin d’un film, quand je m’apprête à décrire sa dernière image, qui est pour moi le plus beau plan que j’ai vu cette année en salle ? Étant une fille rusée, cette évocation ne vous apparaîtra que si vous passez votre souris sur l’espace blanc qui suit.

A l’écran, Ewa (Marion Cotillard) et Bruno (Joaquin Phoenix) sont côte à côte.
Plus aucune parole ne sera échangée, tout ayant été dit au précédent plan.
Leurs deux corps s’éloignent en parallèle de cette pièce d’Ellis Island, où leur histoire a commencé.
Malgré ce même mouvement à l’écran, ils se séparent physiquement l’un de l’autre et leur avenir se dessine : la lumière baigne Ewa qui vogue vers sa nouvelle ville, tout en lui tournant le dos pour regarder cette pièce où elle a laissé Bruno, qui, lui, ne la voit déjà plus, et se dirige vers l’obscurité. Les effets spéciaux – que je ne révélerai pas – magnifient cette séparation.

Quand la salle se ralluma, mon voisin me confia, à juste titre, que ce plan était tellement beau qu’il ne pouvait que clôturer ce mélodrame, même s’il croyait qu’il restait encore 30 minutes de film. Pour illustrer la définition du mot lyrisme, les dictionnaires devraient proposer : « le dernier plan du film The Immigrant de James Gray ».

Personne connue pour être associée au pole dance, aux mojitos, aux banoffees, aux films hongrois sous-titrés en tchèque, mais pas que, du moins elle l’espère.
Reconnait des plans de films qu’elle n’a pas vus. Même elle ne comprend pas cette compétence, mais ça lui permet de prendre la main qu’elle laisse aussitôt parmi ce groupe d’amis qui ne se connaissent pas. Ça lui suffit pour sourire.

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