[FEFFS] All Cheerleaders Die : l’horreur en montagnes russes

Nos notes

Après avoir transposé l’univers brutal de l’écrivain Jack Ketchum dans The Woman, Lucky Mckee (May, The woods) avait besoin d’une petite récréation légère et divertissante. Il a donc retrouvé son vieux pote Chris Siverston (I Know Who Killed Me, The Lost) pour développer une relecture du film qu’ils avaient tourné à la sortie de l’université, All Cheerleaders Die. Ce remake joue habilement sur la surprise narrative et s’assume pleinement pour ce qu’il est : un film popcorn délirant et sexy.

Lucky Mckee est une femme. Dans ses années de lycée, le réalisateur était l’antithèse du mâle sportif et populaire. Plutôt un geek solitaire qui a trouvé l’épanouissement social au gré de ses études de cinéma. Elevé par sa mère et sa sœur, l’artiste a toujours ressenti une plus grande connivence avec le beau sexe et admet avoir une certaine fascination pour les personnages féminins troubles. En résumé, la fille marginale de tous ses films, c’est un peu lui.

Dans son avant dernier long métrage, The Woman, il proposait une suite à la série littéraire initiée par Jack Ketchum avec Morte saison et Offspring. Co-écrit avec le romancier, le film critiquait l’American way of life dans toute sa condescendance et son mode phallocratique. Il y montrait comment un homme faisait basculer sa famille dans l’horreur en torturant une femme sauvage afin de la civiliser.

Une guerre des sexes partisane que l’on retrouve dans un registre nettement plus fantasque et régressif dans All Cheerleaders Die : les pom-pom girls contre les joueurs de l’équipe de football locale.

Tout commence lorsque la plus populaire des supportrices en jupe meurt dans un stupide accident. Une place est alors à prendre parmi les agitateuses de pompons. La rebelle Mäddy Killian surprend le corps étudiant en intégrant la bande. Cette décision est source de division entre la novice et son ex-petite amie Leena Miller, une solitaire qui dit pratiquer la magie noire. Suite à une confrontation avec les footballeurs, Mäddy et ses nouvelles amies sont entraînées dans une sphère surnaturelle et destructrice ne leur laissant aucune issue…

Simple en apparence, cette intrigue suit pourtant des pistes narratives déroutantes en mixant des genres filmiques très variés : du teen movie au rape and revenge en passant par le vampirisme, la sorcellerie ou le cannibalisme. A l’image de l’instabilité émotionnelle qui régit la vie des adolescents, le scénario balance également du drame à l’amusement avec une fluidité déconcertante.

Si All Cheerleaders Die déjoue ainsi les attentes des spectateurs en malmenant les clichés, le film reste avant tout une comédie horrifique drôle et jubilatoire. Force est d’admettre cependant que cette farce ne fera sans doute pas date ni dans la filmographie de ses auteurs, ni dans nos mémoires. Celle-ci n’a pas d’autre prétention que de divertir, et c’est déjà ça.

All Cheerleaders Die, Lucky McKee & Chris Siverston, avec Caitlin Stasey, Sianoa Smit-McPhee, Brooke Butler, Etats-Unis, 1h30.

Verdict ?

Depuis qu’il a vu Gremlins dans une salle de cinéma strasbourgeoise à cinq ans et demi, le fantastique est devenu son genre filmique de prédilection. Son Mad Movies à la main, il décide à 14 ans de prendre la plume pour exprimer sa passion du septième Art. Afin de suivre son ambition, il quitte son Alsace natale au profit du soleil marseillais. Actuellement employé d’une agence de presse, on a pu entre-temps lire sa prose dans le magazine SFX, le journal La Provence et le site cinefil.com.

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