Sarah préfère la course, de Chloé Robichaud – Un Certain regard

Nos notes

Un an après avoir découvert la réalisatrice québécoise Chloé Robichaud, avec son épatant court-métrage Chef de meute, la Croisette l’accueille avec son premier long-métrage. La jeune réalisatrice poursuit la construction d’un univers singulier tournant autour de la solitude de ses personnages principaux. Malgré des maladresses, inhérentes aux premiers films, Sarah préfère la course est un joli film sur l’obsession. Sarah est obsédée par l’athlétisme, mais, en se mettant en danger elle révèle aussi son obsession de la vie. La cinéaste, elle, est obsédée par le cadre et par la construction picturale de ses plans. Deux sortent du lot, des plans de courses forcément. L’un utilise la lumière et les lignes du décor pour effacer les perspectives, offrant aux spectateurs un véritable tableau mouvant. L’autre est plus classique, mais tout aussi réussi, où l’on assiste à deux courses en parallèle, celle des jeunes filles et en arrière-plan, celle de vélos tout-terrain. On aurait aimé profiter plus longuement de ces scènes d’entrainements, mais on se laisse porter par la grâce de la charmante Sophie Desmarais, qui est promise a un bel avenir.  Au final, le plus beau dans le film est la tendresse avec laquelle la réalisatrice filme son actrice, son personnage, et la façon dont celui-ci cherche sa sexualité. Un regard, un plan, une parole, un geste et un passage à l’acte heterosexuel malheureux feront comprendre à Sarah qu’elle préfère les filles.

Sarah préfère la course, de Chloé Robichaud, avec Sophie Desmarais, Jean-Sébastien Courchesne, Geneviève Boivin-Roussy, Canada, 1h34.

Verdict ?

Après un parcours scolaire chaotique et pas mal de soirées vidéo bis, je me réfugie à l’université pour y faire grève et bouffer du film. Je m’y passionne pour la critique et l’écriture de scénario. Depuis, je m’efforce de trouver du boulot là où il est question de ciné. Après La Cinémathèque Française et UniversCiné et des collaborations aux Fiches du Cinéma et Culturopoing, je pris goût à l’ivresse du pouvoir, en 2012, en co-fondant Cinématraque. Je collabore également à La 7e Obsession.

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