We Are What We Are, de Jim Mickle – Quinzaine des Réalisateurs

C’était l’OFNI annoncé, le « WHAT THE FUCK ?! » promis par la Quinzaine, et les festivaliers ne s’y sont pas trompés, venant en nombre. Apparemment, We Are What We Are serait un bon film d’horreur, chose très rare au Festival de Cannes.

Alors nous nous ruions, sourire aux lèvres, guilty pleasure entre deux films d’auteurs, dans la grande salle de la Quinzaine, en quête de sensations fortes.

Nous avons été servis.

We Are What We Are met en scène une famille aux mœurs des plus bizarres, se nourrissant exclusivement de chair humaine. Ça leur donne un teint pâlot et une vie assez complexe : pour bien manger, faut zigouiller.

Le film est un remake, il est donc sûrement beaucoup moins bon que l’original (kikoo les snobs), mais quand même vachement fun. Dans une atmosphère pesante qui n’apporte rien de bien neuf, mais respecte tous les codes pour nous mettre mal à l’aise (orage, lumières qui s’éteignent, maison glauque, acteurs impulsifs), nous suivons, une fois n’est pas coutume, les méchants dans leur train-train quotidien. Il y a quelque chose de beau dans l’idée de s’attacher à des gens qui mangent d’autre gens. Cette fois, on aimera les méchants, sans trop se soucier des gentils. Nous trouverons même parmi ceux de qui vient le mal des plus méchants que d’autres, et des mangeurs d’homme somme toute assez fréquentables.

Le film se paiera le luxe de nous offrir un banquet final, aussi gore que jouissif, à la fois moral et immoral (les moins méchants gagnent, méchamment) mettant le spectateur dans une fâcheuse posture : heureux des horreurs qui se passent devant ses yeux.

A l’écran, les scènes gores sont peu nombreuses mais tiennent leurs promesses : entrailles peu ragoûtantes, Top Chef version cannibale (avec un bémol sur la présentation, la soupe d’épaule étant peu « gourmande »). Côté frissons, le rythme lancinant et crescendo permet de bien rentrer dans l’histoire, la bonne facture de la mise en scène ne nous en détachant jamais. Le pari est tenu, Cannes a frissonné, piaillé de peur et bien ri lorsque les lumières se sont rallumées.

Dans un autre contexte, le film eut certainement été un énième film d’horreur, à Cannes, ce fut une bonne bouffée d’air chaud.

We Are What We Are, de Jim Mickle avec Kelly McGillis, Ambyr Childers et Odeya Rush, États-Unis, 1h46.

(Dzibz n’étant pas mon vrai prénom)
Red’chef ici, extrêmement sévère avec les autres, mais pas du tout avec moi, hashtag YOLO.

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