Le rire communicatif

J’ai une histoire à vous raconter.

Il y a quelques temps, j’ai été voir un film roumain. Ca s’appelait Au Diable Staline, vive les Mariés. J’y suis allé parce qu’un ami roumanophile – si, ça doit exister, comme mot, fais pas le malin parce que t’en connais pas – m’y avait tiré par les cheveux. Que ça allait être intéressant, que c’était l’histoire de la Roumanie à l’époque stalinienne et que c’était traité de manière comique. Que l’humour roumain allait me plaire.

Par les cheveux, m’y avait-il tiré, vous dis-je.

Passée la longuette première heure du film arriva une scène, qui a depuis changé à jamais ma façon d’appréhender le cinéma. Non pas que la scène soit formidable, plutôt qu’une salle de cinéma est quelque chose de génial.

Il fait nuit. C’est le couvre-feu dû au deuil national engendré par la mort de Staline, mais une famille décide de célébrer tout de même un mariage… en silence, donc, et dans le noir, histoire de ne pas se faire choper. La scène est aussi affreuse qu’amusante. Plan fixe sur les plats qui passent en silence.

Un bruit de pet.

Je souris. Je me retiens un peu de rire. C’est quand même couillon, quand tu vas voir un film roumain, de te marrer lorsque quelqu’un y pète. Assise devant moi, une dame tremble du dos. Elle rit aux éclats, en déduis-je. Et l’hilarité de m’atteindre. Toujours aucun bruit dans la salle, juste deux dos qui tremblent. Et bientôt 3, puis 4. Dans le film, c’est la même chose, les dos tremblent. On est tous complètement apeurés à l’idée que quelqu’un nous entende, acteurs et spectateurs. Staline est mort, putain.

Et les premiers rires, de la quinzaine de personnes présentes dans la salle. Un gros fou rire général, ensuite. A l’écran, aussi. Il y a là des professeurs, des historiens, des géographes, des roumanophiles, des intellos et de purs curieux cinéphiles, tous réunis autour de ce prout, ne faisant qu’un avec ces mariés.

Je n’ai plus souvenir de la suite du film, la salle étant devenue une zone à risque de fous rires. Les lumières se rallument, chacun essuie ses larmes. On se jette des regards amusés, un peu honteux, mais pas de familiarités entre nous.

Je reverrai le film deux ans plus tard. Seul devant ma télé. Amusé sans plus. C’est quand même assez moyen, comme film. En plus c’est roumain…

(Dzibz n’étant pas mon vrai prénom)
Red’chef ici, extrêmement sévère avec les autres, mais pas du tout avec moi, hashtag YOLO.

1 Comment

  • Répondre avril 22, 2013

    EVE

    Et la famille?!
    DZIBZ, I love U !

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