Bruce Willis, trop vieux pour ces conneries

Soyons francs et expéditifs, vous l’avez certainement lu sur tous les sites dédiés au cinéma depuis ce matin, Die Hard 5 est une bouse innommable. Je ne vais pas vous ressortir tous les arguments – en mieux formulé que tous mes confrères -, nous sommes tous d’accord.

Non, moi je vais tout de même vous inciter à aller voir ce film, mais avec un autre œil que celui du mec qui aima John McClane et espérait le retrouver, pour un ultime baroud.

Ce qu’il faut observer, dans ce film, c’est le souci permanent du réalisateur de ne pas montrer à l’image un John McClane vieillissant, lui aménageant à coups de facilités scénaristiques un rôle somme toute assez statique. Et à l’inverse, voir la fatalité, le corps de Bruce Willis, parfois tremblotant, souvent plus maladroit que jadis.

Et se poser la question : doit-on laisser vieillir un héros ? Les hormones de Daniel Radcliffe avaient déjà posé ce problème pour les derniers Harry Potter, et là, les maquilleurs et autres magiciens technicos avaient pu faire merveille. Masquer la puberté est plus simple que de nier la vieillesse.

L’astuce, l’affreuse idée, d’ailleurs, c’est donc ici de créer un simili Bruce Willis, russe et fiston McClane, joué par un acteur sans charisme mais plein de muscle, qui pourra apporter la somme requise de baston sans enlever la somme requise d’humour façon Die Hard. Ainsi, lorsqu’à la fin du film, père et fils doivent se séparer les tâches, l’un pour attraper un méchant, l’autre pour attraper l’avion des méchants, le papa choisit de courir vers le combat final, sur terre, banal, tandis que le fiston se met et tête de détourner l’avion façon Bebel.

Pire que décevant, Die Hard 5 est agaçant. C’est le déni, la prise de risque zéro, et l’incompréhension totale des recettes qui firent des précédents épisodes de la franchise d’excellents films d’action. Car John McClane est un homme, et c’est ce qui séduisit jadis tous les aficionados du genre, bougon, mais aussi faillible, doué mais relou, costaud mais maladroit. Un bonhomme qui s’en tirait toujours un peu à l’arrache, le marcel ensanglanté. Aujourd’hui, McClane devient surhomme, sans âge, sans âme et sans intérêt.

Pas de coup de matraque, le pauvre ne s’en relèverait pas.

Die Hard 5 : belle journée pour mourir, de John Moore, avec Bruce Willis, Jai Courtney et Sebastian Koch. En salles.

(Dzibz n’étant pas mon vrai prénom)
Red’chef ici, extrêmement sévère avec les autres, mais pas du tout avec moi, hashtag YOLO.

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