V/H/S, la séance interdite moins effrayante qu’un bon vieux DVD

La semaine dernière au PIFFF était diffusé l’excitant V/H/S, décrit comme un film véritablement effrayant.

En préambule, un court-métrage hilarant, une fausse bande annonce : Bio-cop (prononcez BAYOCOP, avec une grosse voix virile).

Bio-cop

Bio-cop

Bio-cop est un flic qui, à la suite d’un grave accident, est totalement défiguré et immortel. Son souhait le plus cher, mourir. Alors Bio-cop se rue sur les méchants les plus dangereux du monde sans jamais parvenir à ne pas survivre, mais en hurlant au moment de leur passer les menottes : « TUEZ-MOI ! ».

C’était tellement drôle que je le cherche depuis partout en court-métrage. Seulement il semble introuvable, pensé-je, du moins sur internet, et que de toute façon même s’il l’était, ben Google me niquerait la gueule :

Je t'encule, Google

Je t’encule, Google

Puis, donc, la V/H/S tant redoutée de tous :

V/H/S, de David Bruckner, Glenn McQuaid, Radio Silence, Joe Swanberg, Ti West et Adam Wingard

Aussi, lorsqu’on m’a passé le billet me permettant l’accès à ladite séance, je me suis tâté. Il m’eut été aisé de le manger incognito, afin d’échapper à la supposée torture visuelle en prétextant l’avoir perdu : parce que oui, j’ai peur au cinéma.

Pour ne rien arranger, lorsque j’ai dit à Thomas Fouet, le rédac’ chef, mon souhait de me rendre à la séance en question, il m’a tanné pour que je regarde bien TOUT le film SANS ME CACHER LES YEUX, et que dès mon retour je fasse un bel article pour Cinématraque.

V/H/S démarre comme un clip des Kourtrajmé. Foutraques, les plans s’enchaînent, violents et malsains, on ne comprend pas grand chose. Il y a là des gens qui pètent des vitres et d’autres qui violent une donzelle dans un lugubre parking. On est dans la gonzo violence, celle qui excite autant qu’elle dérange. On est prévenus, V/H/S sera le vrai film dérangeant tant attendu. Fébrile et excité, on s’attend à en prendre plein la gueule.

Arrive la trame du film. De jeunes hommes rentrent dans une maison qui n’est pas la leur, mais celle d’un pépé avachi dans son canapé. Avachi, voire mort. Peu importe, la préoccupation des types est toute autre, ils sont à la recherche d’une vielle cassette VHS. Et là, dans ce garage lugubre, il y en a plein. L’occasion de se les projeter auprès du vieux sûrement mort. Film à sketches, donc. Inévitablement excessivement inégal, aussi.

Il y a d’abord l’histoire de cette fille, effrayante, aux yeux globuleux et prise à parti par une bande de couillons dragueurs. « I like you », ne cesse-t-elle de murmurer au moins hardi du lot. Ses yeux ne font manifestement peur à aucun des crevards hormi l’être aimé, le seul auquel on peut donc un tantinet s’identifier, parce que franchement, une fille comme ça qui me chuchote m’aimer, moi je me méfie.

I like you

I like you

Evidemment, ça tourne mal. La salle tremblote sans grande conviction, mais en sortie de séance, il apparaîtra clairement que c’est ce court-ci qui aura le plus marqué, tant les gens s’éclatent à regarder leur voisin avec de grands yeux en leur déclarant : « I like you ».

Parce qu’ensuite, pas grand chose à se mettre sous la dent. Une histoire de monstre crypté à la caméra dans une forêt (fausse bonne idée), une révision assez plan-plan de Paranormal Activity et une affaire de meurtre par amour lesbien. Beaucoup de seins, de couteaux plantés dans la peau et de gens qui hurlent dans des escaliers. Dario Argento reste toujours à distance, malgré les apparences. Ici, le gore n’est ni effrayant, ni beau. Il est juste là comme un prétexte putassier, visant à chiper la case « séance interdite » et à faire kifer les hardis pervers amateurs d’interdit (oh wait !). Le gore n’est pas à la hauteur des promesses de la bande-annonce non censurée (tout est dedans, en fait), et les scènes non-violentes sont bien trop inintéressantes pour garder le spectateur attentif et réceptif au sort des personnages dont il n’a, finalement, rien à carrer.

Le court final se démarque quelque peu, par une jolie trouvaille visuelle : une histoire de maison hantée est prétexte à des bras sortant des murs, rappelant ces beaux moments de La Belle et la Bête, de Cocteau.

La belle et la bête

La belle et la bête

C’est un fait, les mecs ont bon goût, des bribes de talent, des références et parfois même un sens de la mise en scène. Ne leur manque que la tête sur les épaules, une pincée de Dario Argento dans l’utilisation du gore, et une bonne louche de Georges Romero dans la narration.

Les lumières se rallument, et l’ambiance au PIFFF est étonnamment froide : l’objet sulfureux promis et tant attendu n’était en fait qu’un pétard mouillé.

(Dzibz n’étant pas mon vrai prénom)
Red’chef ici, extrêmement sévère avec les autres, mais pas du tout avec moi, hashtag YOLO.

2 Comments

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  • Répondre novembre 27, 2012

    Elsa Renouard

    Ce qui est bien avec les films d’horreur, c’est que quand ils sont nuls, ils font rire, quand ils font peur, même si le scénario est un peu pourri, on leur en est assez reconnaissants pour suspendre le jugement ( l’affreux Sinister en est un bon exemple), et quand ils font peur et qu’ils sont bien, bon ben, c’est parfait ( Audition) – dans tous les cas, c’est performatif (quelqu’un devrait le dire à Mungiu).
    Mais pour VHS, ça ne sent pas très bon… tu en parles comme un film d’horreur à prétentions…

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