Mes adieux à la reine

Adolescente, j’avais adoré La fille seule de Benoît Jacquot, je ne me souviens plus trop pourquoi mais c’était bien, j’avais pleuré et découvert celle qui allait remplacer Sophie Marceau dans mes OK Podium : Virginie Ledoyen.

Le dernier film de Benoît Jacquot, Au fond des bois, m’avait happée par la démence et l’originalité du propos : Une jeune fille se fait hypnotiser par un simplet psychopathe dans une forêt.

Ensuite, comme par principe, j’ai aimé tous les films dans lesquels jouait Virginie Ledoyen, de ceux d’Olivier Assayas à celui d’Emmanuel Mouret, en passant par celui de Danny Boyle (La plage) :  Non, je déconne.

Quant à Léa Seydoux, elle m’a toujours énervée. D’une part, parce que son succès tient à sa descendance : c’est la petite-fille GaumontPathé. Mes initiales ont beau être celles de Marin Karmitz, aucun distributeur ne cherche à exploiter mes talents d’actrice, pourtant si évidents : je suis une perverse narcissique.

La deuxième raison de mon grief envers cette demoiselle, c’est qu’elle a embrassé Louis Garrel dans La belle personne (petit bijou de Christophe Honoré), alors qu’il n’a de place dans ma vie qu’en poster et dans mes toilettes. Fait chier.

Diane Kruger m’est indifférente, je l’ai découverte chez mon coiffeur, il y a plus de quinze ans, quand elle posait pour Franck Provost. Rien d’étonnant à ce que Benoît Jacquot ait pensé à elle pour porter des perruques en minaudant.

J’étais donc impatiente de voir ce film, même si une amie m’avait dit qu’il était « monstrueux », et que Diane Kruger méritait un Gérard pour son interprétation.

Je me disais qu’elle bluffait, que c’était du snobisme. Et pourtant…

Les Adieux à la reine, c’est un mélange entre une pub pour La Laitière et un film érotique de la TNT sans érotisme.

Le jeu des acteurs, quant à lui, est un mélange entre celui de Rocco Sifredi dans un film de Catherine Breillat (sans sexe, évidemment) et celui des Inconnus dans leur version des Liaisons dangereuses.

Le thème de la fin du règne de Marie-Antoinette n’est qu’un prétexte à montrer les décolletés de nos héroïnes et à nous offrir, via un contexte révolutionnaire, le tumulte manquant au scénario.

Sidonie Laborde (Léa Seydoux) est la liseuse de Marie-Antoinette (Diane Kruger) et rêve de la conquérir alors que cette dernière est folle de Gabrielle de Polignac (Virginie Ledoyen, dont la doublure nue est bonne actrice). Ceci est le scénario.

Je donne raison à ma meilleure amie et accorde à Diane Kruger son Gérard, amplement mérité. Mais plus généreuse qu’elle, je n’oublierai pas de remettre à Virginie Ledoyen un prix Gitanes sans filtre et à Léa Seydoux un pack de six yaourts au lait entier, saveur mielleuse La Laitière.

Seules Marie-Julie Parmentier et Noémie Lvovsky tirent leur épingle du Moi-Je.

Benoît Jacquot est mort, vive Benoît Jacquot.

Les Adieux à la reine, de Benoît Jacquot, avec Léa Seydoux, Diane Kruger, Virginie Ledoyen, France, 1h40.

J’adore parler de moi, c’est le seul domaine où j’ai de vagues connaissances. Avec le cinéma.

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